vendredi 16 janvier 2015

Niger: Plusieurs églises de Zinder incendiées ce jour par des manifestants qui protestaient contre la nouvelle parution de Charlie Hebdo



Ce vendredi 16 janvier 2015, à Zinder, plusieurs manifestants qui protestaient contre la Une du journal satirique français qui a publié en couverture mercredi, une caricature du prophète Mahomet ont violemment manifesté et se sont pris à plusieurs symboles de la république et ont brulé plusieurs églises à Zinder.

Selon plusieurs témoins, des tracts ont circulé dans la ville depuis lundi appelant les populations à manifester dans la ville de Zinder. Après la prière de ce vendredi, plusieurs manifestants ont commencé à protester en brulant des pneus et saccageant tout sur leur passage. Ils ont ensuite mis feu à différentes églises dont l’église catholique,l'école mission catholique, la maison des sœurs de l'assomption et le presbytère. 

Il ne faut pas faire d’amalgame.

Il faut éviter tout amalgame. Hier, le pape François a au nom des chrétiens a réagi pour condamner les caricatures parues dans le journal français. Le pape disait en substance qu’il : « est légitime d’user de cette liberté mais sans offenser. On ne peut pas provoquer, on ne peut pas insulter la foi des autres, on ne peut pas la tourner en dérision…Il y a tant de gens qui parlent mal des autres religions, les tournent en dérision, font un jouet de la religion des autres : ce sont des gens qui provoquent…On ne peut offenser ou faire la guerre, ou tuer au nom de sa propre religion, au nom de Dieu !».

Cette position est la position de tous les chrétiens à travers le monde. C’est la position de tous ceux qui croient en un Dieu unique, créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible. 

Aujourd’hui, la situation a été un peu rude pour les fidèles à Zinder. Certains ont été attaqués dans leur maison. Jésus Christ est un Messie de paix. Il n’a jamais prôné la violence et a toujours demandé aux fidèles d’aimer leur prochain comme eux mêmes. Les chrétiens ne soutiennent pas les provocations d’un journal anti clérical. Il ne suffit pas de s’appeler Jacques pour être chrétien. Les actes d’un journal français n’engagent pas les chrétiens du Niger. Ce sont des actes que nous tous condamnons. Il faut éviter les amalgames à ne pas faire payer à des innocents des actes qu’ils ne cautionnent pas ou qu’ils n’ont même pas entendus.

Serge Xavier Oga

Le Niger interdit la vente et la diffusion du numéro de Charlie Hebdo du 14 janvier 2015 sur l'ensemble du territoire national.

Dans un communiqué lu hier à la télévision par le porte parole du gouvernement, le Niger a interdit la vente et la diffusion du numéro de Charlie Hebdo du 14 janvier 2015 sur l'ensemble de son territoire. Le porte parole du gouvernement a d’abord donné les raisons de la participation du président nigérien à la marche du dimanche 11 janvier 2015 à Paris. A travers sa participation à la marche, le président Mahamadou Issoufou voulait "témoigner au gouvernement et au peuple français éprouvés l'amitié et le soutien du peuple du Niger". Aussi, " le geste du Président de la République, en tant que Chef d’État d'un pays de confession musulmane à plus de 98%, vise à contribuer à empêcher les amalgames si courants par ces temps où en Europe, l'islamophobie est exploitée à des fins politiciennes".

En marchant à Paris, le président Mahamadou Issoufou a voulu "protéger l'image de l'Islam contre ceux qui la dénaturent à travers des actes criminels foncièrement réprouvés par la foi musulmane".

Le gouvernement précise aussi que ceux qui ont commis l’attentat de Paris n’ont rien de musulmans et "sont exactement comme ce jeune Nigérien du nom de Moustapha Goni Omar qui, le 26 mai dernier, après s'être enrôlé dans les troupes de Boko Haram au Nigeria, était revenu nuitamment dans son village de Chétima Wango, en compagnie d'autres personnes, réveiller son propre père, chef dudit village et le faire assassiner parce qu'il ne serait pas un bon musulman".

Le communiqué précise également que la participation du président de la République à la manifestation du 11 janvier "ne signifie nullement un quelconque soutien aux dérives qui peuvent découler d’une certaine conception de la liberté de presse". Le Niger "dénonce, et condamne avec véhémence, la caricature du Prophète Mohamed (Paix et Salut sur lui) contenue dans le numéro de "Charlie Hebdo du mercredi 14 janvier 2015, qu'il considère comme une provocation injurieuse totalement inacceptable".

C’est pourquoi le Niger " a décidé d'interdire la vente et la diffusion de ce numéro sur l'ensemble du territoire national".
Serge Xavier Oga

jeudi 15 janvier 2015

1 470 nigériens en situation de précarité rapatriés de l'Algérie

Le Niger et l’Algérie ont entamé depuis décembre 2014, le rapatriement volontaire des nigériens en situation de vulnérabilité en Algérie. A la date d’aujourd’hui, 1470 nigériens dont 1000 personnes de la région de Zinder ont regagné leurs villages. Cette opération a été décidée de commun accord entre les deux pays pour rapatrier au moins 3 000 ressortissants nigériens en situation difficile en Algérie. Ils sont en majorité des femmes et des enfants que des passeurs font entrer en Algérie qui s’adonnent à la mendicité dans des conditions déshumanisantes.

Ce retour nécessite un appui en vue de permettre la réinsertion socioéconomique des migrants rapatriés. Autrement, ils seront tentés par un retour en Algérie. Cette réinsertion nécessite la conjugaison de plusieurs efforts afin d’offrir aux migrants les moyens de production afin de réduire la précarité qui les oblige à prendre le chemin de l’Algérie au risque de leur vie. En effet, chaque année, plusieurs nigériens après les récoltes se rendent en Algérie pour faire de petits boulots afin de nourrir leurs familles. En octobre 2013, au moins 92 migrants nigériens sont morts déshydratés dans le désert près de la frontière algérienne lorsque leur camion est tombé en panne. Une patrouille militaire a sauvé de justesse 72 autres migrants dont 20 femmes et de 52 enfants de la mort au moins de novembre 2013.

mercredi 14 janvier 2015

Terrorisme, racisme, extrémisme, sont des « pratiques malfaisantes » et n'ont « pas de relation avec l'islam », affirme Ash-Sheikh M.F.M. Fazil

Terrorisme, racisme, extrémisme, sont des « pratiques malfaisantes » et n'ont « pas de relation avec l'islam », affirme le maulavi Ash-Sheikh M.F.M. Fazil, devant le pape François, ce 13 janvier 2015: l'islam est utilisé pour causer du mal.
Au terme de la première journée du pape au Sri Lanka, des représentants bouddhistes, musulmans, hindous et chrétiens se sont retrouvés autour du pape, pour une rencontre interreligieuse en fin d'après-midi, à 18h15 (13h45 à Rome), au Mémorial « Bandaranaike » (BMICH) de Colombo.
Les représentants religieux sont intervenus par des chants de leur tradition – comme le moine bouddhiste Ven Kaburugamuwe Vajira – ou des bénédictions – tels l'hindou Suwami Sommasundaram et Ash-Sheikh M.F.M. Fazil – ou encore une prière, comme l'évêque anglican de Colombo, Diloraj Kanakasabei.
Nous vous accueillons de tout cœur
Le maulavi Ash-Sheikh M.F.M. Fazil s'est réjoui de la venue du pape – « De la part de la communauté religieuse du Sri Lanka, nous vous accueillons de tout cœur » – car, a-t-il affirmé, « celui qui croit en Allah et son prophète doit honorer son hôte, quelle que soit sa religion, sa culture et sa caste ».
Il a évoqué un enseignement du prophète Mahomet, qui reçut en son temps « une délégation de prêtres chrétiens à la Mosquée de Médine ». Après leur « très belle discussion », les prêtres « demandèrent un lieu pour prier et le prophète leur a donné un lieu dans la mosquée », a rapporté Ash-Sheikh M.F.M. Fazi.
Cette histoire « donne un message au monde », telle une invitation « à s'unir ». Elle montre aussi que la religion musulmane « accueille la discussion », a-t-il souligné : « construire des ponts entre leaders religieux est plus qu'urgent aujourd'hui ».
L'islam est utilisé pour causer du mal
Le maulavi a fait mémoire des attentats récents – notamment à Paris – perpétrés par des terroristes : « Je manquerais à mes devoirs si je ne mentionnais pas les attaques et tueries qui ont eu lieu en France, au Pakistan où des enfants ont été massacrés au nom de l'islam. »
Mais « l'islam n'a pas de relation avec ces pratiques malfaisantes et ces mauvaises conduites. L'islam promeut paix, amour et harmonie », a-t-il ajouté.
« Terrorisme, racisme, extrémisme, sont des croyances en eux-mêmes, et ils utilisent de nombreuses religions pour couvrir leur méfaits : aujourd’hui l'islam est utilisé pour causer du mal sur la planète », a-t-il poursuivi.
Il a encouragé « tous les leaders religieux à s'unir » et à chercher à « comprendre la foi les autres des autres, à se soutenir mutuellement et à construire une nation saine pour l'humanité », pour faire du monde « un bel endroit pour vivre en paix et en harmonie ».
Anne Kurian

Mgr Laurent Lompo sera installé sur le siège de Niamey le dimanche 8 février

Mgr Laurent Lompo sera installé à la tête de l'archidiocèse de Niamey le dimanche 8 février 2015. La messe d'intronisation qui aura lieu à la Cathédrale Notre Dame du Perpétuel Secours, sera présidée par le Cardinal Philippe OUEDRAOGO, Archevêque de Ouagadougou en présence de plusieurs Évêques de la Conférence Épiscopale Burkina-Niger et de nombreuses délégations.

Rappelons que c'est le samedi 11 octobre 2014 que Mgr Laurent Lompo a été nommé archevêque de Niamey. Il succède à Mgr Michel Cartatéguy.

mardi 13 janvier 2015

Situation dans le Nord du Nigéria, l’Archevêque de Jos invite le monde à plus de solidarité et de compassion envers les victimes de Boko Haram

Pendant que le monde se mobilise à Paris pour « sauver » le journal satirique français et rendre hommage aux 17 victimes de la semaine écoulée, la situation au Nigéria devient de jour en jour insupportable. D’après plusieurs médias, l’attaque de Boko Haram contre la ville de Baga le 7 janvier 2015 dans l'Etat de Borno (extrême nord-est du Nigeria) aurait fait plusieurs centaines de victimes. L’information est difficile à vérifier sur le terrain mais les témoignages des survivants montrent l’ampleur du drame silencieux qui se joue au Nigeria dans une indifférence totale. Baga était une ville paisible composée en majorité de pêcheurs de poissons.

Préoccupé par la situation sur le terrain, l'archevêque de Jos et président de la Conférence des évêques du Nigeria, Mgr Ignatius Kaigama a déclaré hier sur la chaine anglaise BBC, que le Nigeria se sent abandonné à lui-même dans sa lutte contre Boko Haram. L’Archevêque de Jos, une ville qui a connu des attentats attribués à la secte islamique à plusieurs reprises, a invité la communauté internationale à apporter au Nigeria le même soutien que celui reçu par la France. « Il est nécessaire que cet état d'esprit se propage non seulement quand cela se passe en Europe, mais aussi quand cela a lieu au Nigeria, au Niger, au Cameroun et dans beaucoup d'autres pays pauvres, que nos ressources internationales soient mobilisées pour combattre ces gens qui apportent tant de tristesse à tant de familles », a indiqué Mgr Kaigama.

Depuis la recrudescence de la violence, des milliers de personnes ont fui à destination du Niger. Dans la région de Diffa, ils sont actuellement plus de 150.000 personnes en majorité des femmes et des enfants qui vivent dans une situation précaire et préoccupante. Ils ont rejoint une région qui a connu cette année un déficit alimentaire. Et pour leur venir en aide, le Niger a lancé le 17 décembre 2014 un appel à la solidarité internationale. Aujourd’hui, la priorité, c’est l’eau potable, c’est l’alimentation des réfugiés, l’hygiène mais aussi la sécurité des sites. Et le monde doit venir en aide au Niger qui seul ne peut pas financier les besoins exprimés. Le monde entier doit être solidaire des innocents massacrés au Nigeria. Nous devons condamner toute forme de violence et œuvrer pour que les populations civiles innocentes ne puissent pas payer les tribus d'une guerre insoutenable.

Si nous sommes Charlie, nous devons y participer. Nous devons contribuer par tous les moyens pacifiques afin que la paix revienne dans notre espace et que les pauvres paysans et éleveurs puissent vivre simplement et dignement dans leurs villages et pratiquer leur foi librement. 
Serge Xavier OGA

mardi 23 décembre 2014

La Curie Romaine appelée à un examen profond de Conscience

Hier 22 décembre 2014, le pape a prononcé ses traditionnels vœux de Noël à la Curie romaine. Il s’agit d’un exercice pratique effectué cette année avec des mots forts, dans un style original qui sort de l’ordinaire. Le pape devant la curie romaine a recensé quinze « maladies » qui selon lui, ont gagné le corps central de l’Église. C’est donc pourquoi le pape a naturellement demandé de soigner ses maux qui sont intérieurs. Au-delà d’un exercice classique de vœux, le pape énumère les maux qui gangrènent notre vie. Il ne s’adresse pas seulement à la Curie romaine ou aux employés du Vatican. Les maux énumérés par le pape sont des maux de l’Eglise. Ces vœux nous interpellent à quelques jours de Noël. Comme un médecin, le pape François a décrit les maux mais à voir de près ce qu’il dit, chacun s’y retrouve. Et il faut donc commencer un examen de conscience afin d’y remédier.

D’un ton grave mais calme, le pape invite chacun à se regarder intérieurement, à faire son mea culpa et à chasser tout ce qui nous éloigne du Christ. Devant les cardinaux, Le Pape a utilisé des expressions chocs comme « terrorisme du bavardage », « Alzheimer spirituel », « pétrification mentale et spirituelle », « vie cachée et souvent dissolue », « maladie du visage funèbre » « arrogance » « médiocrité » « la divinisation du chef »,…

A travers ce diagnostic, tel un médecin, le pape a révélé les maux et il reste à chacun de faire son examen de conscience et changer. C’est le seul combat légitime pour tout chrétien qui veut être un vrai disciple du Christ. Les maux de la cité du Vatican sont communs. Et nous sommes tous interpellés à nous améliorer.
Serge Xavier OGA

samedi 20 décembre 2014

Clôture du Jubilé de Diamant de l'Ecole Mission Centre de Maradi

« Depuis 60 ans par les mains des vaillants missionnaires et enseignants de l’école mission, enfants d’hier et d’aujourd’hui, tu es devenu une référence,… ». C’est par ce chant à l’honneur de l’école mission que la cérémonie de clôture du Jubilé de diamant de l’école mission Centre a débuté ce matin à Maradi. La cérémonie s’est déroulée en plein air dans la cour de l’école en présence des écoliers, enseignants, parents amis et connaissances. Durant environ 3 heures d’horloge, les écoliers ont présenté plusieurs spectacles. A travers chants et danses du Niger et d’ailleurs, ils ont à leur manière remercié les fondateurs de l’école, leurs parents et accompagnateurs. Les élèves ont célébré comme le dit le poème de Marc Antonio, un élève du CM1, une école, qui a enseigné leurs « grands parents, leurs parents » et « aujourd’hui » eux-mêmes. Entre les chants et danses, plusieurs allocutions ont été prononcées à cette occasion. C'est d'abord les anciens élèves qui ont remercié et vanté la qualité de la formation qui selon eux est une marque assez original de cette école. Depuis 60 ans, la qualité est toujours demeurée le leitmotiv de la formation à l’école mission centre. Et les anciens se sont réjouis de cette performance.

Après les anciens devenus aujourd’hui grand, la porte-parole de la directrice, Sr Paulette Modzinou, dans un bref discours, a salué le mérite et le travail de tous les grands acteurs de l’éducation qui ont permis à l’école mission centre de demeurer un pôle d’excellence en matière de formation au Niger. Depuis sa création, au moins 7000 nigériens ont été scolarisés dans cette école a précisé la sœur. Dix huit directrices toutes religieuses à l’exception d’un seul, se sont investis pour offrir un cadre d’éducation des enfants du Niger. Aujourd'hui, c'est Sr Odile Ogou qui perpétue la tradition et qui continue l'oeuvre des ses sœurs aînées. Et dans leur allocution, le bureau des parents d'élèves de l'école, lui ont rendu hommage et ont salué les efforts déployés par la sœur directrice et le corps enseignants pour continuer l'oeuvre.
Et comme l’a si bien rappelé la première directrice de l’école, Sr Marie Thérèse Revel dans le message qu’il a envoyé aux enfants à l’occasion de ce jubilé, « la petite graine semée en 1954-55 est devenue une grande plante, grâce à notre Seigneur Dieu et à Maradi et aussi avec le travail de ses fidèles ouvrières ». Effectivement, plusieurs élèves de cette école ont eu un parcours remarquable. Ils sont plusieurs à avoir été ministres de la république et ou à avoir occupé de hauts fonctions au niveau national et international.
L’école mission centre de Maradi, c’est un rappel, a été fondé en octobre 1955 soit 5 ans avant l’indépendance du Niger par les Sœurs de la Congrégation Notre Dame des Apôtres (NDA). La première directrice Sœur Marie Thérèse Revel avait commencé avait 31 élèves dont 11 garçons et 20 filles. Aujourd’hui, ils sont plus de 600 jeunes filles et garçons qui tous les matins retrouvent leurs classes pour acquérir le savoir. Depuis 2000, l’école a toujours obtenu 100% de succès à l’examen du CFEPD (certificat de fin d’études du premier degré) qui sanctionne la fin des études primaires au Niger. A travers les écoles dont elle a la charge, l’Eglise Catholique au Niger participe à l’éducation des enfants du Niger, une éducation intégrale qui prend en compte la vie de l’enfant pour l’aider à grandir et à devenir demain un homme ou une femme accompli.
Serge Xavier OGA

mardi 16 décembre 2014

Le Niger demande une mondialisation de la solidarité en faveur des 150.000 refugiés du Nigéria sur son sol

Le vendredi 12 décembre 2014, le Niger a lancé un appel à la solidarité internationale en faveur des réfugiés nigérians qui ont trouvé refuge au Niger dans la région de Diffa frontalière avec les États du Nord Est Nigeria Yobé, Borno et l’Adamaoua où les éléments de Boko Haram affrontent l’armée régulière. Aujourd’hui, selon le comité régional du dispositif d'urgence de Diffa, ils sont au moins 150.000 réfugiés nigérians (Nigeria) à trouver refuge au Niger. Pour l’heure, il y a 104 sites recensés dans la région de Diffa qui accueillent les réfugiés. Sur certains sites, il y a parfois cinq fois plus de déplacés que la population locale comme c’est le cas à Gagamari qui a accueilli en une seule semaine début décembre, quelque 17.000 réfugiés, ce qui représente une pression énorme sur les infrastructures sanitaires, l’eau, … Le Niger a décidé pour éviter tout drame humanitaire d’ouvrir 6 camps pour regrouper les réfugiés. On dénombre parmi les réfugiés au moins 45.000 enfants, dont 25.000 élèves qui ne peuvent pas être insérés dans le système nigérien à cause de la barrière linguistique (Français au Niger et Anglais au Nigeria).

Le Niger a besoin de 17 milliards de francs CFA pour faire face à la situation seulement sur une période de 3 mois. Il y a urgence d’autant plus que la région de Diffa située dans le diocèse de Maradi, est déjà très fragile à cause des crises alimentaires dues à des épisodes de sécheresse et des inondations en 2012 et 2013. Dans la région de Diffa "53% de la population est en insécurité alimentaire et la malnutrition sévère touche déjà 23,5% des enfants".

Aujourd’hui, la priorité, c’est l’eau potable, c’est l’alimentation des réfugiés, l’hygiène mais aussi la sécurité des sites. Et le monde doit venir en aide au Niger qui seul ne peut pas financier les besoins exprimés.
Serge Xavier OGA

9 nigériens et 2 algériens tués dans un accident de route en Algérie

Un terrible accident a eu lieu dimanche 14 décembre 2014 en Algérie et a causé la mort de 11 personnes dont 9 Nigériens et 2 Algériens (un membre du Croissant-Rouge algérien de Mila et le chauffeur du bus). La collision a eu lieu à l’aube entre un mini bus transportant 29 nigériens en provenance de la wilaya de Mila vers Tamanrasset et un camion de marchandise se dirigeant vers Sétif. Seize passagers ont été blessés, dont 8 jugés dans un état préoccupant.

Les Nigériens étaient rapatriés de l’Algérie et devaient regagner leur village au Niger après un transit à In Guezzam. L’enterrement des nigériens décédés a eu lieu hier à Gardaya.

Il faut préciser qu’Alger et Niamey ont convenu en novembre d’un rapatriement volontaire de quelques 3000 nigériens en majorité des femmes et des enfants qui s’adonnent à la mendicité en Algérie et souvent exploités par des réseaux mafieux. Ils viennent en majorité de département de Kantché dans la région de Zinder (diocèse de Maradi).

vendredi 12 décembre 2014

Mgr Ambroise Ouédraogo préside la cérémonie de remise provisoire des minis adduction d'eau de Caritas à Dakoro

Monseigneur Ambroise Ouédraogo, a présidé ce lundi 8 décembre 2014, la cérémonie de remise provisoire au Préfet de Dakoro des ouvrages hydrauliques dans les Communes rurales de Birnin Lalé et Ajékoria, deux communes de son entité administrative. Il s’agit de 6 mini adductions en Eau Potable au profit des populations des villages de Makéra Maïnassara, Dan Mayaki, Farga Dan Salaou, Tagamawa Bagé, Guidan Dodo Saboua Galondi 1et 2 pour les mini adductions en eau potable et des villages de Zongo Maïssagé, Dadin Kowa et Dan Fati pour les pompes à motricité humaine réalisées par la Caritas Diocésaine de Maradi CiBe appuyée financièrement par le Royaume de Belgique via la Direction Générale de la Coopération au Développement.

A Dan Mayaki Zenon tout comme à Guidan Dodo où la délégation s’est rendue, Monseigneur Ambroise Ouédraogo a procédé à la remise provisoire des ouvrages au préfet de Dakoro. Dans l’allocution qu’il a prononcée à cet effet, l’Évêque de Maradi, a dit toute sa satisfaction sur la concrétisation de ce projet en faveur des populations rurales. Il a remercié les donateurs et demandé aux populations de prendre soins des ouvrages pour le bonheur de tous. En réceptionnant les ouvrages, le préfet de Dakoro, M. Hounteni Koldjeo a salué cette importante contribution de la Caritas Développement Niger et au nom des autorités nigériennes, le préfet a remercié l’église catholique au Niger et ses partenaires pour les multiples actions en faveur des plus pauvres. 
Par cette action, Caritas rend l'eau disponible et participe à l'allègement des tâches quotidiennes des femmes. La quête de l'eau prend plus de la moitié du temps des femmes dans les villages et elles parcourent de longue distance pour recueillir parfois goutte à goutte l'eau. Les femmes sont parfois obligées de veiller au bord du puits. Pour se réchauffer, elles allument avec les branchages un feu. 

Par ces ouvrages, Caritas Développement Niger rapproche des ménages, les points d’approvisionnement en d’eau afin de leur permettre de satisfaire les besoins vitaux en eau.

A travers ce projet, de minis adductions d’eau, Caritas Développement Niger et la Caritas International Belgique participent à l’atteinte de l’OMD 7 qui consiste à « réduire de moitié, d’ici à 2015, le taux de la population qui n’a pas d’accès à l'eau potable ni à des services d’assainissement de base ». Avec cette réalisation, plus de 5.000 personnes ont un accès à une eau potable en quantité suffisante et à tout moment de l’année.

Serge Xavier OGA

Fête d'action de grâce à la Paroisse de Maradi

La paroisse Notre Dame de Lourdes de Maradi était dimanche 7 décembre 2014 en fête. Les paroissiens ont célébré la 6ème édition de la fête d’action de grâce communément appelée Harvest. Cette tradition qui s’installe à la paroisse de Maradi constitue un moment particulier d’action de grâces des fidèles chrétiens de Maradi. C’était en présence de Mgr Ambroise qui a salué cette initiative et encouragé les fidèles à persévérer dans ce sens.


Chaque paroissien a apporté un présent au Seigneur en guise de reconnaissance pour les bienfaits qu'il a reçu durant cette année qui tire à sa fin.

Après la messe, les présents constitués de moutons, chèvres, ventilateurs, sacs de riz, pâtes alimentaires, … ont été revendus aux enchères dans la cour de la mission pour financer les œuvres de la paroisse. 
Près de 3 millions de F CFA ont été récoltés au niveau de la petite communauté qui a compris ce message du Seigneur que nous rapporte Malachie 3, 10-12 "Apportez toute la dîme à la maison du trésor, pour qu’il y ait de la nourriture dans ma Maison. Soumettez-moi donc ainsi à l’épreuve, – dit le Seigneur de l’univers –, et vous verrez si je n’ouvre pas pour vous les écluses du ciel si je ne répands pas sur vous la bénédiction en abondance ! Pour vous, je menacerai l’insecte vorace : qu’il ne détruise plus les fruits de votre sol, et que la vigne de vos campagnes ne soit plus stérile, – dit le Seigneur de l’univers. Toutes les nations vous diront bienheureux, car vous serez alors une terre de délices, – dit le Seigneur de l’univers ".

Serge Xavier OGA

mardi 9 décembre 2014

"Nouvelles" règles liturgiques pour mener la lutte préventive contre la maladie à virus Ebola

Les Évêques du Niger ont publié le 22 novembre 2014 à Niamey de "nouvelles" règles liturgiques pour lutter contre la maladie à virus Ebola dans les communautés chrétiennes de la province ecclésiastique Niger. L’information a été portée aux fidèles de Maradi par l’Evêque du Diocèse ce dimanche 7 décembre. Dans leur message aux fidèles, les évêques du Niger disent qu’il « vaut mieux prévenir que guérir ». Et c’est donc pourquoi, ils ont décidé de nous organiser pour que « l’avenir qui a le don d’arriver sans prévenir » ne nous surprenne pas.
Désormais, dans les paroisses catholiques du Niger et durant les célébrations liturgiques, les Evêques conseillent de :
« Chanter le "Notre Père" sans se donner la main »
« Le rite de paix est suspendu ». Ce qui signifie que durant les célébrations eucharistiques, les fidèles ne vont plus se donner la main.
« Tout le monde communie en présentant la main gauche et en prenant l’hostie de la main droite comme cela est de tradition actuellement »
« Personne ne communie plus sur la langue
« Les prêtres communient par intinction et non plus dans un même calice »
« À l’entrée de l’Eglise, il n’y a plus d’eau bénite »
« À l’église comme au cimetière, pour les enterrements ordinaires, nous présentons les condoléances oralement mais nous ne serrons plus les mains à la fin de la cérémonie »
« Les veillées de prière en cas de décès se feront désormais à l’Eglise et non plus dans la maison du défunt »
« Si un malade atteint par le virus Ebola meurt, tous les rituels habituels que nous avons autour des défunts sont supprimés (lavement de corps, habillement, taille des ongles et des cheveux, rite d’au revoir,…)
« Les défunts atteint par le virus est enterré dans les premières minutes qui suivent sa mort ».
Les évêques recommandent à chaque paroisse de s’organiser pour mettre des lavabos ambulants à l’entrée des Eglises, des salles paroissiales, des centres de formations, des écoles et partout où cela est nécessaire pour permettre aux fidèles de se laver régulièrement les mains à l’eau propre et au savon.

Il faut rappeler que les mesures prises par les Evêques visent la prévention de la maladie à virus Ebola. En effet, le Niger n’a enregistré aucun cas sur son sol mais les mesures doivent être prises pour prévenir. Et cet engagement est la concrétisation de la promesse faite par l’administrateur apostolique de Niamey Mgr Michel Cartateguy au ministre de la santé qui avait réuni les leaders religieux le mardi 11 novembre 2014 à Niamey pour demander leur implication dans le combat préventif contre la maladie à virus Ebola. Durant cette réunion, Mgr Michel avait déclaré que l’Église catholique entrait dans cette dynamique de surveillance.
Serge Xavier OGA

Un nouveau cimétière pour les chrétiens de Niamey

Le rêve est devenu réalité. Les chrétiens de Niamey ont cimetière pour enterrer dignement leurs morts. La cérémonie de bénédiction a eu lieu le dimanche 30 novembre en présence de l’Archevêque nommé de Niamey Mgr Laurent Lompo, de Mgr Michel Christian Cartatéguy administrateur apostolique de Niamey entourés des pasteurs des églises évangéliques du Niger et de plusieurs fidèles venus nombreux honorés le Seigneur pour ce jour mémorable. Effectivement ce jour est historique puisque cela fait au moins vingt ans que les chrétiens étaient à la recherche d’un lieu digne pour enterrer les leurs qui ont rejoint la demeure éternelle. Le seul cimetière chrétien de Niamey était plein et il fallait se débrouiller pour trouver une sépulture à ceux qui sont morts dans la capitale. Ce dimanche 30 novembre, plusieurs leaders religieux ont pris la parole au cours de la cérémonie de bénédiction pour rendre grâce à Dieu. Au nom de tous les pasteurs et prêtres du Niger, le Pasteur Galadima a remercié les autorités nigériennes qui ont octroyé ce terrain de 10 hectares à la communauté chrétienne de Niamey. Le pasteur a ensuite rappelé que depuis 2004, un comité a été mis en place pour mobiliser les fonds nécessaires pour viabiliser le terrain. Les travaux ont donc démarré en 2011 et ont couté la somme de 131 070 313 F CFA. Le pasteur a aussi notifié que l’État nigérien hormis le terrain, a aussi contribué financièrement pour les travaux de viabilisation de l’espace lorsque les travaux se sont arrêtés en 2012 faute de financement. Le nouveau cimetière situé à 18 km à l’Ouest de Niamey est opérationnel et comporte un mur de clôture, une adduction d'eau alimentée par un forage équipé d'une pompe solaire, un espace de prière, un bloc administratif, deux magasins,…
Serge Xavier Oga

lundi 1 décembre 2014

Le chiffre de 100.000 Nigérians refugiés au Niger a été franchi

Les éléments de Boko Haram se sont emparés de Damasak (Etat de Borno) une ville frontalière avec le Niger en début de semaine passée jetant sur les routes de milliers de personnes qui ont fui vers le Niger. Selon les autorités régionales à Diffa au Niger, la région compte aujourd’hui au moins 100 000 réfugiés et cet afflux massif de populations en provenance du Nigeria est devenu une charge très lourde pour le Niger. Aujourd’hui à Diffa, un habitant sur six est un réfugié ayant fui le Nigeria vers le Niger. Le nombre total d’habitants de la région de Diffa est de 600 000 personnes.

Les réfugiés sont hébergés par des familles dans les villes et villages mais malgré la générosité des uns et des autres, le dispositif d’accueil est saturé. Le Niger en collaboration avec le HCR est en train d’envisager l’ouverture de camp de réfugiés afin d’offrir des conditions dignes d’accueil à ces personnes qui arrivent dans le dénuement total. Elles quittent précipitamment leur maison à la suite de combats entre l’armée et les éléments de Boko Haram.

Le Niger a besoin d’une aide pour apporter le soutien nécessaire aux réfugiés. Il faut des médicaments pour soigner les réfugiés, des abris et surtout de la nourriture et des  points d’eau.

Depuis 2009, date de début de l'insurrection de Boko Haram au Nigéria, plus de 13 000 personnes ont été tuées et près de 1,5 million d'habitants ont été déplacés par les violences au Niger, au Cameroun et au Tchad. Le Nigeria a décrété l’état d'urgence dans les Etats de Borno, Yobe et Adamawa mais l'armée nigériane est régulièrement mise en déroute par les islamistes.

Le Niger célèbre la première Journée Nationale de la Liberté de la presse au Niger


Le premier ministre M. Brigi Rafini a lancé ce dimanche 30 novembre 2014 à Niamey, la première journée nationale de la la liberté de la presse. C'était en présence des confrères et de leur ministre de tutelle. Et dans l’allocution qu’il a prononcée à cette occasion, le ministre de la communication M. Yahouza Sadissou a rappelé que « cette journée traduit la volonté manifeste des autorités nigériennes à faire de la liberté de la presse un principe cardinal de la bonne gouvernance ».

Cette journée du 30 novembre a été choisie en souvenir de la signature de la Déclaration de la Montagne de la Table par le président Issoufou Mahamadou, premier chef d’État africain a apposé sa signature sur ce document. C’était le 30 novembre 2011 au Palais des Congrès de Niamey.

Au cours de cette journée, plusieurs prix ont été décernés aux journalistes nigériens dans les catégories radio, télévision et presse écrite.



Lancement de l'année de la vie consacrée à la Paroisse Cathédrale de Maradi.

La Cathédrale Notre Dame de Lourdes de Maradi est entrée hier dans l’année de la vie Consacrée. C’est le Curé de la Paroisse qui a présidé la messe solennelle de lancement et dans son homélie, le Père Justin Bado a rappelé quelques contours de la vie religieuse. C’est un don total de soi au service de la mission et la vie consacrée prend toute sa source dans le Christ a dit le célébrant. Ici à Maradi, les consacrés sont des femmes et des hommes de Dieu, envoyés par leur congrégation religieuse en mission au Niger. Cette année, la cathédrale compte 2 prêtres et 11 religieuses. Ils viennent du Bénin, Burkina Faso, Sénégal et du Niger. Et au début de l’assemblée des permanents tenue début octobre 2014 à Maradi, Mgr Ambroise Ouédraogo a rendu hommage à l’action de tous les missionnaires qui œuvrent inlassablement dans notre diocèse.

Ce dimanche, au cours de la messe, la communauté a rendu hommage à l’action des religieux et religieuses parmi nous. Les actions des consacrées dans le diocèse sont nombreuses notamment au niveau de la scolarisation des enfants. La première école catholique a été fondée en 1954, la même année que la paroisse et aujourd’hui dans la ville de Maradi, près de 1500 enfants suivent les cours dans les écoles missions des sœurs Notre Dame des Apôtres et de Saint Joseph de Cluny. L’apostolat des sœurs concernent aussi les aides multiformes apportées aux femmes dans les quartiers déshérités de Maradi. Plusieurs fois par semaine, les sœurs se rendent dans les villages et en périphérie de la Maradi pour appuyer des femmes qui vivent dans des situations précaires.

Au cours de cette messe, les fidèles ont aussi prié pour les missionnaires et leurs familles. Ils ont rendu hommage à leurs actions  ici à Maradi. Ils ont aussi prié pour tous les missionnaires qui ont servi à la paroisse de Maradi qui sont décédés notamment le Père Gilbert Yougbaré, rappelé ici il y a un an à la fleur de l’âge. Ils ont prié Dieu afin qu'Il puisse susciter des saintes vocations parmi les jeunes de la paroisse

Rappelons qu’au cours de cette messe, un enfant a reçu le baptême et la communauté a dit au revoir à Sr Pascaline Balima qui a passé 11 ans à la paroisse de Maradi où elle s’est occupée de la promotion humaine.

La journée s’est achevée par les vêpres solennelles dans la Cathédrale.
Serge Xavier OGA