dimanche 9 juin 2013

Monseigneur Laurent Djalwana Lompo ordonné évêque auxiliaire de Niamey

Monseigneur Laurent Djalwana Lompo a été officiellement ordonné Evêque auxiliaire de Niamey ce matin dimanche 9 juin 2013 au Palais du 29 juillet à Niamey. La célébration a rassemblé plus de 3000 fidèles catholiques, amis, parents et sympathisants venus de tous les horizons. Elle a connu la participation de plusieurs Evêques de la Conférence Burkina Niger, de prêtres d’ici et d’ailleurs, de religieux, de religieuses, d’anonymes venus manifester leur soutien. C’est Mgr Michel Christian Cartatéuguy, archevêque de Niamey qui a présidé la cérémonie entouré deux autres évêques consécrateurs Mgr Séraphin François Rouamba Archevêque de Koupéla, Président de la Conférence Episcopale Burkina Niger et Mgr Ambroise Ouédraogo Evêque de Maradi.

La cérémonie a commencé par un mot d’accueil de Mgr Michel Cartatéguy : « Bénis soit le Seigneur pour le don généreux qu’il vient de faire à notre église en nous offrant dans sa bonté un évêque auxiliaire en la personne de Mgr Laurent Lompo premier prêtre nigérien a assumé cette noble et lourde responsabilité».

L’acte de nomination signé le 16 janvier 2013 par le Pape Emérite Benoît XVI a été ensuite lu à l’assemblée. Dans l’homélie qu’il a prononcée l’archevêque de Niamey en citant de vénéré mémoire le Pape Jean Paul II a invité l’heureux élu à l’école de l’humilité : « L’épiscopat est davantage un service qu’un honneur. Et s’il est aussi un honneur il l’est lorsque l’évêque successeur des apôtres sert dans un esprit d’humilité évangélique à l’exemple du Fils de l’homme ». Et il a ajouté : « l’humilité évangélique est un abaissement volontaire. L’humilité n’est pas une faiblesse mais c’est au contraire faire preuve de grande force intérieure qui nous fait agir comme le Christ le désire. L’humilité n’est pas non plus un complexe d’infériorité mais un regard qui nous fait considérer l’autre plus grand que soit ». Dans les entrailles du palais du 29 juillet comble et attentif, le célébrant principal exhorte celui qui désormais va assurer avec lui la charge de Niamey : « Heureux seras tu Laurent si à travers ton ministère épiscopal tu mets ces choses en pratique ». Mgr Michel a fini son homélie par un proverbe malawite toujours emprunt d’humilité en guise de conseil à son jeune confrère : « si tu t’agenouilles, tu mangeras avec les autres mais si tu te tiens debout, tu ne mangeras rien ».

Les évêques présents ont ensuite imposé la main après la litanie des saints. Monseigneur Laurent a reçu l’évangile qu’il a présenté aux fidèles sous leurs ovations. Après les prières solennelles, l’évêque auxiliaire a reçu les attributs qui font de lui un évêque suivant les règles de l’église catholique : anneau pastoral, la mitre, la crosse, …

Vêtu de son habit d’ordination sur lequel trônent plusieurs croix d’Agadez, la mitre sur la tête et la crosse en main, Mgr Laurent Lompo a sillonné les allées du Palais du 29 juillet pour saluer toute l’assemblée. Son sourire reflétait son émotion et la joie qui l’animait. Ses armoiries sont composées d’une calebasse tenue par deux mains qui représente ses origines gourmancé et qui contient la nourriture pour la vie ; la parole de Dieu sous forme de livret ouvert qui est le commencement et la fin de toute chose ; une couleur brune représentant le Niger un pays sahélien où domine le sable et une croix signe de son don total au Christ. Sa devise est : « il y a plus à donner qu’à recevoir » (Ac 20,35).

Après la communion, prenant la parole, le tout nouvel évêque auxiliaire de Niamey a salué tous ceux qui de prêt ou de loin ont permis la réussite de l’événement. Il a aussi salué ses confrères dans l’épiscopat venus nombreux le soutenir. S’adressant à ces camarades de promotion au séminaire, il leur dit : « continuer à me soutenir pour que l’esprit de simplicité qui régnait entre nous puisse être toujours. Même évêque à la mitre et à la crosse, je reste et resterai pour vous le sahélien du Niger comme vous aimiez m’appeler ».

A toute l’assemblée en français, haoussa, zarma, gourmancema et peul, il dit : « la valeur d’un évêque ne se trouve pas dans la mitre qu’il porte mais dans sa capacité à être humble plein d’amour relationnel et dans sa capacité à dialoguer avec les autres ». Auparavant, il a exhorté l’assemblée à la prière et à l’unité : « là où il y a l’amour, la patte d’une fourmi suffit pour nourrir plus de 1000 personnes mais là où il n’y a pas l’amour, un éléphant tout entier ne peut pas nourrir deux personnes ».

Mgr Laurent Lompo est né le 1er Janvier 1967 à Koulbou dans la paroisse de Makalondi. Il a été ordonné prêtre le 20 septembre 1997 à Niamey. Il est le premier prêtre nigérien à être sacré évêque et est dans l’ordre le 5èmeévêque du Niger après Hyppolite Berlier, Guy Romano, Michel Cartatéguy et Ambroise Ouédraogo.
 

 


lundi 27 mai 2013

La mission nous unit, Une Bonne nouvelle depuis la Fraternité Lavigerie d’Abidjan


Chers frères et sœurs qui me lisez, vous vous demandez certes, pourquoi j’ai  voulu ouvrir cette page d’informations  par cet oiseau portant une fleur dans son bec. C’est à dessein ! Faisons alors un voyage avec Schleiermacher au pays de l’interprétation pour en saisir le sens!

Les amis de la sagesse, appelés aussi philosophes nous révèlent en effet que la réflexion herméneutique est au cœur de l’existence humaine. La quête du sens, l’effort d’interprétation et de compréhension sont devenus un impératif existentiel que la vie humaine est devenue elle-même herméneutique, c’est-à-dire un processus qui consiste à interpréter et à comprendre le réel possible. Car, dit-on, tout est signe, tout est langage, tout est discours et par surcroît exige une interpréter. C’est dans ce sens que je m’engage à vous révéler le sens de cet oiseau portant cette fleur. Il s’agit d’une colombe qui porte une fleur dans son bec symbolisant la bonne nouvelle pour l’Eglise du Niger.

La bonne que vient vous annoncer notre colombe est celle d’une journée de fraternité-rencontre et d’amitié que nous avons eue ici à la Fraternité Lavigerie d’Abidjan, trois anciens stagiaires du Niger réunis autour d’un prêtre du Niger. Il s’agit de Georges Arockia, un Sma qui a fait son stage à Doutchi, de Vincent KIYE (Miss. d’Afrique)  qui a fait son stage à Birnin N’Konni et de Gratien Kmbale (Miss. d’Afrique) qui a été à Zinder tous, stagiaires entre 2010-2012.

Nous avons voulu célébrer la pentecôte autour de nos deux frères le père Eric et le P. Emile, tous deux prêtres du diocèse de Niamey au Niger, présentement aux études à l’UCAO en Côte d’Ivoire. Malheureusement le Père Emile Somné n’a pas pu être avec nous suite à un empêchement, mais a tenu malgré tout, à venir nous rejoindre un jour après, c’est-à-dire le lundi après la pentecôte, pour honorer cette fraternité. Quelle joie de nous retrouver sur une terre étrangère ? Oui, la mission nous unit !

Ce fut pour nous une occasion de témoigner aux autres confrères de la communauté comment nous vivons unis au Niger et vous invitons par ce fait, à garder la mèche allumée c’est-à-dire à travailler toujours de façon à consolider cet esprit d’unité entre les permanents au sein de l’Eglise Catholique au Niger mais aussi entre les permanents et les fidèles comme cela a toujours existé.  Bravo à la cohésion des permanents au sein de l’Eglise du Niger. Par cette cohésion, nous concrétisons ainsi, la prière de notre Seigneur Jésus : «  Qu’ils soient tous Un, comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi. » «  (Jn 17, 21)

Mais de quoi échangeons-nous en cette demi-journée là, jour de la pentecôte? Nous avions commencé par saluer l’organisation des rencontres de chaque jeudi à l’Archevêché de Niamey,  un réel cadre de retrouvaille et de nous connaître, les sessions pastorales diocésaines en chaque début de l’année pastorale au cours desquelles nous élaborions les projet pastoraux, les différentes formes des rencontres avec les musulmans et  religions traditionnelles, la vie des communautés de base etc. tout cela redynamise la fraternité sacerdotale, renforce la cohésion fraternelle et crée des nouveaux types de relations au sein de l’Eglise locale du Niger de sorte que ceux qui nous voient vivre unis, disent : « Voyez comme il est beau pour des frères de vivre ensemble et d’être unis. » Nous en sommes sortis, au terme de nos différentes expériences de stage, édifiés et renouvelés.

En pleine chaleur du Sahel, accueilli par les vent et poussières, nous avions tenu bon, grâce à la cohésion fraternelle qui adoucissait sans cesse, la chaleur du Niger. Je puis dire à ce jour, qu’une bonne fraternité rend l’insupportable, supportable. Merci à tous, à toutes et à chacun d’avoir donné du sien pour que nos différents séjours au Niger soient agréables.
 
De gauche à droite sur la photo : Vincent KIYE (Miss. D’Afrique), P. Eric MEDAGBE(Diocèse de Niamey), Gratien KAMBALE (Miss.d’Afrique) et Georges AROCKIA (Sma).


Cette rencontre eut lieu à la Fraternité Lavigerie d’Abidjan, le Centre de formation de théologie pour les Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs). Sur la photo, la chapelle de la Fraternité Lavigerie d’Abidjan et le batiment communautaire où toute la communauté se rassemble pour les activités communautaires. Ce (Réfctoire, salle des réunions, bibliothèque, cuisine et salle des jeux.)

Que voulons-nous dire par la mission nous unit ?

Sans craindre d’être contredit, j’atteste que la vie missionnaire fait de nous des fils et filles d’une même famille. L’expérience vécue au Niger m’a fait goûter à la joie de former une communauté internationale avec les frères d’autres nations et de me sentir aimé, compris et soutenu par eux. C’est là le témoignage vivant et fort de l’Evangile.

Cette rencontre voulue et souhaitée avec nos deux aînés avait aussi pour but de traduire que lorsque nos autorités nous envoient pour le stage apostolique, c’est réellement pour apprendre à aimer. A aimer le pays qui nous accueille, le peuple, la langue, la culture, l’Eglise locale de manière à former avec eux, une nouvelle famille. Et chaque fois que je parle avec mes deux amis avec qui j’ai fait le stage au Niger, tous deux me témoignent chacun à sa façon, qu’ils ont comme moi, aimé le Niger. Merci Père Eric et Père Emile pour votre témoignage de vie à notre endroit pendant notre séjour au Niger. Vous avez, dois-je le dire haut et fort, contribué de façon spéciale à notre formation lors des différentes rencontres que nous avions eues avec vous, à Doutchi quand nous passions pour aller à Niamey, au foyer Samuel à Niamey où le Père Emile fut formateur. Que Dieu nous gardes et nous protèges. Amen.

Nous espérons avoir d’autres occasions encore de retrouvaille entre Nigériens. Sai Anjima.

Tout est grâce !
Etudiant Miss.d’Afrique
Fraternité Lavigerie d’Abidjan
 Côte d’Ivoire


mardi 21 mai 2013

La Pentecôte, fête de l'unité, une réflexion du fr Vincent Kiyé


Bonjour et heureuse fête de la Pentecôte partout où vous nous lisez !
Me voici une fois de plus répondre à notre rendez-vous spirituel chaque fois que les occasions se présentent et que Dieu m'en donne la grâce.

En ce dimanche de la pentecôte, la grâce m’est donnée de vous exposer ma méditation de ce dimanche sur la pentecôte, la descente de l'Esprit Saint aux Apôtres, comme vous le savez mieux que moi. Tout a gravité autour de ces mots brefs mais riches pourtant: "… toute la maison où ils se tenaient fut remplie de l'Esprit Saint. Ils virent comme un feu qui se divisait, et sur chacun d’eux se posait une des langues de ce feu. Tous furent remplis de l’Esprit Saint et ils se mirent à parler en d’autres langues dans lesquelles l’Esprit leur donnait de s’exprimer.» (Ac 2, 2-4).

Le deuxième aspect sur lequel j’ai voulu mettre d’attention c’est le feu qui se divisa et  se posa sur chacun d’eux.  Nous avons aujourd’hui besoin d’être habité par la présence de cet Esprit pour que nous puissions nous aussi,  parler en langue, un langage qui unit tous les peuples, toutes les nations. Malheureusement, nos langues aujourd’hui, au lieu de jouer le rôle unificateur, divise les peuples de Dieu. Nos langages servent aujourd’hui d’identifier les miens de leurs, les juifs de nos juifs, les Congolais de Rwandais, des Ougandais etc, les Ivoiriens de Burkinabè, les Maliens de ceux du Nord. Nos langues servent à intensifier les divisions, à fragiliser davantage les zones, les peuples et les nations en conflits. A regarder combien nos communautés religieuses, nos communautés de vie  sont divisées, il y a de quoi avouer que nous ne nous sommes pas encore disposés de manière à nous laisser remplir par cet Esprit Saint qui inspire le langage de l’unité.

Chers frères et sœurs, en ce dimanche 19 Mai 2013, dimanche de la Pentecôte nous pouvons nous séparer sur cette interrogation pour notre méditation personnelle: Et ta maison, ma maison, sont-elles aussi remplies de l’Esprit Saint, cet Esprit qui inspire le langage de l’unité? Les disposons-nous ou bien disposons-nous nous-mêmes, pour que nos maisons en soient aussi remplies ? A Quelle condition doivent-elles être remplies de l'Esprit Saint? La réponse à ces questions me parait simple: Nous devons adopter, nous aussi, l'attitude des Apôtres, celle de l'unité afin que ta maison, ma maison, nos maisons soient à notre tour aussi, remplies de l'Esprit Saint.

Vous vous rendrez compte comme moi que l’Esprit Saint semble être favorable à l’unité : «… Jésus souffla vers eux et leur dit : “Recevez l’Esprit Saint… » (Jn 20, 22-23). Je suis convaincu que cette phrase trouve tout son sens lorsqu'elle est conjuguée à la deuxième personne du pluriel, c’est-à-dire adressée ou employée par rapport à un groupe. Que celui qui doute, essaie de l’employer à la deuxième personne de l’impératif. Tout de suite il se sentira ridicule comme moi qui ai osé ; simplement parce qu’il se rendra compte que l’Esprit Saint est toujours et déjà une réalité de la mouvance trinitaire. Même Jésus ne pouvait pas se l’approprié comme il voulait et le conférer pour des individualités égoïstes. Il est l’Esprit d’unité. Lorsque nous lisons dans la Bible, rare sont des endroits où Jésus emplois cette formule au singulier. Ainsi donc, si ton langage ne favorise pas l’unité, interroge-toi sur son origine.

Que cette célébration de la pentecôte nous donne d’être des hommes et des femmes d’unité, toujours habités par un langage d’unité en toute circonstance. Ainsi, ceux vers qui nous sommes envoyés pourront dire : ces religieux, ces religieuses sont ils tous de même pays, d’une même famille ? Sont-ils tous de notre pays ?

Etudiant Miss. d'Afrique
Fraternité Lavigerie d'Abidjan
    Côte d'Ivoire

Visite Pastorale de Mgr Ambroise Ouédraogo à la Paroisse de Maradi

Monseigneur Ambroise Ouédraogo Evêque de Maradi a effectué du jeudi 9 mai au dimanche 19 mai 2013 une visite pastorale à la Paroisse de Maradi.
Rencontre avec la CCB Ste Thérèse du quartier Ali Dan Sofo
La visite a eu lieu en plusieurs étapes. Elle a commencé par la rencontre avec les jeunes de la Paroisse de Maradi le jeudi 9 mai pour s’achever par une réunion avec le conseil paroissial le samedi 18 mai 2013.
Au cours de sa visite, l’Evêque a rencontré et échangé avec :
Le groupe des jeunes,
Les groupes des femmes,

 Les communautés chrétiennes de base
Les communautés religieuses
Les agents de la pastorale sociale
les écoles de la mission catholique
la communauté chrétienne dans les villages
…

Monseigneur Ambroise a au cours des différentes visites, écouté, enseigné et prié avec les paroissiens de Maradi qui lui ont fait part de leur joie et de leur peine, les forces et les faiblesses de leurs différents groupes,…
A chaque étape, il a prodigué de sages conseils et encouragé à plus de déterminations dans la mission.
La Paroisse Cathédrale Notre Dame de Lourdes de Maradi a été fondée le 10 avril 1954 et compte 375 baptisés. Les chrétiens dans les quartiers sont organisés en communauté chrétienne de base. Ils se rassemblent pour prier, lire et partager la Parole, célébrer ensemble et approfondir leur foi, ...

Ordination Episcopale à Niamey


jeudi 9 mai 2013

"Jésus a laissé son empreinte sur notre terre" Homélie du Père Gérard Naslin

Fête de l’Ascension
Les jeunes et les moins jeunes d’ailleurs, aiment bien les images. On connaît le succès des bandes dessinées, et les spécialistes de marketing savent bien l’impact qu’ont les affiches ou encore les clips publicitaires. Le goût pour l’image remonte loin, rappelez-vous les peintures rupestres de la préhistoire. Et au Moyen Age, on trouve des enluminures qui ornent des manuscrits ou des livres religieux.J’aimerais vous donner à voir une très belle enluminure du XV° siècle, tirée des « très riches heures du duc de Berry ».

Cette peinture représente, de façon naïve, l’Ascension du Seigneur. Sur fond d’azur, le Seigneur s’élève entre deux files d’anges, dont les derniers se confondent avec le firmament. Il quitte ses disciples, et laisse sur le tertre gazonné d’où il prend son essor, l’empreinte de ses deux pieds. Et on peut lire sur une banderole tenue par deux anges, le texte des Actes des Apôtres entendu à l’instant : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ? Celui que vous avez vu monter au ciel en reviendra de la même façon ».

Je trouve cette représentation, encore une fois, peut-être naïve, mais surtout très évocatrice : Jésus quitte cette terre sur laquelle il était venu marcher, mais il y laisse son empreinte. C’est cela l’Ascension.

Mais quelle est donc l’empreinte du Christ sur notre terre ?
Et qu’allons-nous faire de cette empreinte ?

- L’empreinte du Christ, c’est l’Amour.
Jésus est venu imprégner notre monde de ce message d’amour extraordinaire, un message qu’il ne s’est pas contenté de nous adresser par procuration, ce message il est venu en personne le proclamer, et non seulement avec ses lèvres, mais par le témoignage de sa vie. Ce message se résume par quatre verbes :

Priez, accueillez, servez, pardonnez

Priez sans vous lasser. La prière il l'a vécue, se retirant souvent seul dans la montagne, et se tournant vers son Père, même pour lui crier : « Pourquoi m’as-tu abandonné ? ».

Accueillez sans distinction. L’accueil il l’a vécu vis-à-vis de ceux que la société et la religion de son temps excluaient, tels que les étrangers, les lépreux, les pécheurs, les samaritains et les publicains.

Servez les petits par prédilection. Le service, il l’a vécu, s’approchant des blessés dans leur corps, dans leur cœur et dans leur dignité ; et il a même fait le geste des esclaves en lavant lui-même les pieds de ses disciples.

Pardonnez sans restriction. Le pardon il l’a proposé à l’un de ses amis qui le trahissait, à un autre qui venait de le renier ; il l’a donné à ceux qui le mettaient injustement à mort, car, disait-il, « ils ne savent pas ce qu’ils font ».

          Que pouvait-il faire de plus ? Quelle autre empreinte pouvait-il laisser ?

Jésus est venu non seulement laisser son empreinte sur les routes de Palestine, ou sur les bords du Lac de Tibériade, mais il a surtout laissé son empreinte dans le cœur de ceux qui l’écoutaient à tel point que 2000 ans après, je peux vous redire ses paroles, et refaire, tout à l’heure le geste qu’il a fait la veille de sa mort, car moi-même j’ai été imprégné de ce message d’amour grâce à tous ceux et toutes celles qui en ont été imprégnés et qui m’ont transmis ce qu’ils avaient reçu.

- Mais alors précisément, qu’allons-nous faire de cette empreinte de Jésus laissée sur notre terre ?

Une empreinte, on peut chercher à l’effacer. C’est ce qu’ont essayé de faire, ou essaient encore de faire, tous ceux qui veulent faire taire ou disparaître les témoins du Christ, précisément parce que son message d’amour est trop exigeant. Ces témoins on les appelle « martyrs ». En, fait, on n’a pas réussi à faire disparaître cette empreinte, car le sang des martyrs est semence pour d’autres témoins.

Une empreinte, on peut chercher à la dénaturer ; c’est ce qu’ont essayé ou essaient de faire tous ceux qui veulent relativiser le message du Christ ou le réduire à leur convenance. Ils cherchent aussi à dénaturer l’empreinte du Christ tous ceux qui veulent ridiculiser ceux qui le proclament et essaient d’en vivre. Et puis il y a aussi ceux qui disent : « oui, mais c’était une autre époque, un autre contexte, les temps ont changé, la société a évolué. » Or l’empreinte du Christ dont il est question, c’est le cœur de son message, c'est-à-dire l’amour de Dieu son Père et l’amour des frères, de tous les frères.

Bien sûr, et pour cause, les images ou paraboles employées par Jésus, parlent différemment à nos contemporains car il s’adressait à des pêcheurs, des agriculteurs, des bergers, des vignerons, mais l’essentiel demeure ; et l’empreinte du Christ est toujours adaptée à nos contemporains, quand il est question de l’Amour (mais attention Amour avec un grand A), quand il est question de la vie, du respect de toute personne , quels que soient sa race, son compte en banque, sa santé, sa profession, sa religion, quand il est question de la primauté de la personne sur l'argent, et quand il est question du pouvoir vécu comme un service.

Alors oui, une empreinte est faite pour qu’on la regarde comme signe d’un passage, d’une présence, et pour que nous suivions sa trace afin de mettre nos pas dans les pas de Celui qui est le Chemin la Vérité et la Vie.

Ne croyez-vous pas en effet que nous avons besoin d’un itinéraire, de « balises » ou de « repères » comme on dit aujourd’hui ? Tant d’hommes et de femmes, tant de jeunes avancent sans savoir d’où ils viennent, ni où ils vont. L’empreinte du Christ, c’est le Chemin qu’il a tracé, chemin qui mène au bonheur.

Ne croyez-vous pas que tous nous avons besoin de clés pour approcher de la Vérité ? Tant de slogans nous sont lancés, tant de modes sont véhiculées, tant d’idéologies voient le jour pour tomber dans l’oubli le lendemain ; tant de gourous abusent de la crédulité des petits. Tant d’images nous trompent. L’empreinte du Christ, c’est la Vérité qu’il a proclamée, et qui ne trompe pas.

Ne croyez-vous pas que tous nous avons besoin de trouver sens à notre vie, et de croire en la Vie, si fragile soit-elle, si menacée soit-elle ? Les recherches en bioéthique révèlent l’intelligence de l’homme, mais celui-ci se rappellera-t-il sans cesse que cette vie, elle est un don, et qu’on ne peut pas faire n’importe quoi d’un tel don, surtout quand il vient de Dieu. L’empreinte du Christ c’est la Vie donnée par amour, trésor précieux.

Frères et sœurs, en ce jour d’Ascension, « pourquoi rester là à regarder vers le ciel ? » Regardons notre terre, regardons l’empreinte qu’y a laissée Jésus Christ, ne l’effaçons pas, cette empreinte, ne la dénaturons pas, cette empreinte. Contemplons-la, empruntons-la à notre tour.

Alors Jésus de Nazareth, oui, a quitté cette terre, mais le Ressuscité qui est auprès de Dieu son Père, est en même temps près des hommes ses frères : ils le reconnaîtront dans la mesure où nous ferons apparaître son empreinte, et surtout dans la mesure où ils verront en nos cœurs et en nos vies, l’empreinte de Dieu qui n’est autre que l’empreinte de l’Amour.

Homélie prononcée par le Père Gérard Naslin
Paroisse Notre-Dame des Eaux                                                              
 Mercredi 8 – Jeudi 9 mai 2013

jeudi 2 mai 2013

« J'ai vu la misère de mon peuple en Egypte », une réflexion du Frère Vincent Kiyé


« J'ai vu la misère de mon peuple en Egypte » (Exode 3,7)

Depuis un certain temps, j'ai pris l’habitude de faire de partages de l’Évangile sur le site pour ceux qui aiment lire. Le weekend du 28 Avril 2013, j’avais articulé ma réflexion autour du thème que la société des Missionnaires d’Afrique nous a proposé en l’occasion de 125ème anniversaire de la campagne antiesclavagiste lancée par le Cardinal Charles Lavigerie, le fondateur de ladite société. C’est fut une journée de recueillement de notre équipe. Et comme il m’était demandé d’animer cette journée, j’avais souhaité reformuler le thème de la libération par « J'ai vu la misère de mon peuple en Egypte." (Exode 3,7) pour nous inspirer de la détermination et du zèle de Moïse.

Une supposition aux allures d’une certitude fut le point de départ de cette réflexion. J’annonçais au début de la causerie que toutes les atrocités de notre temps, toutes les injustices contre le peuple de Dieu font pleurer Dieu. Et comme disait Mgr Desmond TUTU en Afrique du Sud, "Qui essuiera les larmes de Dieu?" Seul, celui ou celle qui s'érige en nouveau Moïse pour sauver le nouveau peuple d'Israël que nous sommes.

En effet, notre monde en proie à des injustices multiples, à des pratiques inhumaines, a encore besoin des nouveaux Moïses pour libérer le peuple de Dieu prisonnier des logiques de notre temps. Pour changer cette situation de misère que subissent nos contemporains aujourd’hui comme une forme d’esclavage moderne, Dieu a besoin de toi mon frère, de moi, de nous tous. Si hier c'était Moïse, le Cardinal Charles Lavigerie etc., aujourd'hui c'est toi, c'est moi que Dieu envoie avec cette invitation : "va vers le Pharaon libérer mon peuple Israël". 

Notre contribution dans ce processus de libération du peuple de Dieu consiste ainsi à briser tous les liens qui déshumanisent l'autre, à rompre avec l’arsenal d’injustices qui ont élus domicile dans nos milieux de vie, tous les malaises qui rongent et fragilisent nos communautés, qui excluent nos frères de la dynamique du vivre-ensemble. Les différentes attitudes, les différents gestes qui les offusquent et les oppriment, l’exploitation des enfants, le viol, le mariage forcé, le mauvais traitement envers les domestiques, voilà autant d'actes qui relèvent de l'esclavagisme moderne qui a prit en otage le nouveau peuple de Dieu, le nouveau Israël que nous sommes. Aujourd'hui, Dieu t'investi, m'investi de sa mission pour libérer son peuple. 

Nous réussirons cette entreprise lorsque, comme le souligne Benoît XVI dans Africae Munus en citant Jean-Paul II, nous serons capables d’une spiritualité de communion, c’est-à-dire « être capable de percevoir la lumière du mystère de la Trinité sur le visage des frères qui ont à nos côtés ; … être capable en outre de reconnaître ce qu’il y a de positif dans l’autre pour l’accueillir et le valoriser comme un don que Dieu me fait… »[1]

Cette réflexion s’inscrit dans le cadre de l’une des tâches de l’Eglise en Afrique aujourd’hui, selon Benoît XVI, qui consiste « à former des consciences droites et réceptives aux exigences de la justice pour que grandissent des hommes et des femmes soucieux et capables de réaliser cet ordre social juste par leur conduite responsable. »[2] A chacun de nous de se poser la question de savoir « Suis-je le nouveau Moïse ou le nouveau Pharaon? Quelle est ma contribution dans ce processus de libération du nouveau peuple de Dieu encore aujourd’hui?

vincentkiye@yahoo.fr
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[1] Africae Munus ; n° 35.
[2] Idem, n° 22.

lundi 8 avril 2013

Solidarité dans les écoles missions du diocèse de Maradi

Il y a deux ans, les évêques du Niger ont institué la semaine de solidarité dans les écoles "mission catholique" du Niger. Cet événement chaque année est célébré durant la semaine de l’enfance missionnaire. Cette édition de la semaine de solidarité avait pour thème : " Enfant du Niger, par tes œuvres, sois artisans de paix et de justice".
Pendant la semaine, les enseignants ont abordé plusieurs sous thèmes avec les enfants notamment les droits de l’enfant, les devoirs envers les parents et envers toute personne,  l’engagement dans la charité auprès des plus démunis, la paix, la justice, le pardon et la réconciliation. Chacun a pu gouter à la joie de vivre ensemble en jouant ensemble. Cette solidarité s’est manifestée par des collectes. C’est  ainsi que les enfants de l’école Zaria de Maradi ont invité 60 enfants mendiants à partager un repas de solidarité avec eux dans la cour de l’école. Ils ont aussi remis une enveloppe de 62920 CFA au Curé de la paroisse de Maradi pour des œuvres en faveur d’autres enfants vulnérables. Au Niveau de l’école Centre de Maradi, les enfants ont collecté des dons en vivres et produits de première nécessité composés de pates alimentaires, de boîtes de conserves, de friperies et d'un ouvrage de cours élémentaire première année (CI). Ils ont demandé que leur don soit acheminé aux enfants maliens qui vivent déplacés dans la ville de Niamey dans l’archidiocèse de Niamey à 650 km de Maradi. C’est la directrice de l’école Sœur Solange Doffou, qui s’est chargée de la remise officielle à la Caritas diocésaine.
 Les écoles Saint Joseph de Zinder ont collecté en numéraire 102140 CFA pour des œuvres sociales en faveur de l’enfance. Au niveau de l’école catholique des sœurs de l’Assomption de la même ville, les écoliers ont collecté 50 725 CFA. Ils ont envoyé cette somme à l’évêché pour aider d’autres enfants de leur âge.
A Tahoua, la générosité des enfants a permis de récolter 116570 CFA.
A Birni N’konni, les élèves ont mobilisé 169 305 CFA. Ils ont acheté des vivres remis généreusement aux malades l’hôpital local et aux enfants malnutris qui séjournent dans le même établissement. Une partie a été envoyée aux détenus de la prison civile locale.
Toutes les écoles ont organisé à la fin de la semaine une petite fête de convivialité grâce à la participation financière de l’évêché de Maradi.
Les écoles mission catholique du Niger participent à la formation humaine et intellectuelle des enfants du pays en continu depuis 1956.

mercredi 3 avril 2013

Célébration pascale à Maradi,11 nouveaux baptisés dans l'eau et dans l'Esprit

 Les paroissiens de Maradi ont célébré Pâque dans la paix et dans la joie autour de leur Evêque. La  veillée pascale a commencé à 22 heures par le traditionnel rituel du feu symbolisant le Christ ressuscité, lumière du monde. Après la prière de Mgr Ambroise Ouédraogo, le cierge pascal a été allumé. Cette année, la veillée a eu lieu dans la cour à cause de la chaleur. La procession a été courte. Le cierge pascal en main, le père Ibrahim a alors entonné « Joyeuse lumière, splendeur éternelle du Père, Saint et bienheureux, Jésus-Christ ».

Cette année, la veillée a été spéciale. C’est la première fois que la paroisse connaissait autant de baptême d’adulte. En effet, 11 paroissiens de Maradi ont été baptisés dans l’eau et de l’Esprit-Saint pour devenir enfants de Dieu, dans l’Eglise.

Dans son homélie, l’évêque a demandé aux paroissiens de porter les nouveaux baptisés en prière. Il a aussi exhorté les fidèles à les aider par leurs exemples de vie à grandir dans la foi en Dieu qui est Père, Fils et Saint-Esprit.
Poursuivant son homélie, Mgr Ambroise a ensuite réaffirmé que la Résurrection   n’est pas un évènement du passé mais un événement qui se déroule encore aujourd’hui dans nos vies et sous nos yeux.

Les nouveaux baptisés sont originaires des villages de Batata, Kouyago, Dan Bako et de Maradi. Ils ont suivis durant des années des séances de catéchèses. Certains sont parvenus à cette étape capitale dans la vie d’un chrétien.

La veillée a pris fin vers 2 heures du matin et le lendemain les fidèles se sont à nouveau retrouvés pour la messe.

La petite communauté placée sous protection de Notre Dame de Lourdes a traversé cette période pascale dans la paix. Elle a aussi prié pour la paix dans le monde notamment au Nigéria, au Mali, en Syrie,...

vendredi 15 février 2013

Décès du Père Gilbert Yougbaré de la Paroisse de Maradi

Dieu a rappelé dans sa demeure éternelle hier 14 février 2013 le Père Gilbert Yougbaré  à Maradi. Né vers 1976 au Burkina Faso, Gilbert a été ordonné prêtre dans la Congrégation du Très Saint Rédempteur le 7 juillet 2012 à Ouagadougou. Il a été ensuite envoyé en mission à la cathédrale de  Maradi au Niger.

C’est lui qui présidait encore la messe des cendres de ce mercredi et dans son homélie il a demandé aux fidèles de faire de ce moins de Carême, une occasion de revenir vers le Seigneur, une occasion de partage, d’extrême humilité. « Je vous demande trois choses durant ce mois de Carême : le partage, la pénitence et la prière » nous disait-il mercredi soir.
Jeune prêtre, Gilbert avit le talent de la communication et savait réactualiser le message du Christ. Ses homélies étaient toujours en 3 points. Il ne parlait pas couramment Haoussa et un jour après son homélie en français, un fidèle demanda en pleine assemblée au Curé de reprendre en Haoussa pour tout le monde les mots que venaient de prononcer le jeune prêtre. C’est un don que Dieu a donné à la paroisse de Maradi. Son passage a été courte à Maradi et on peut le résumé en trois points : efficacité, simplicité, humilité.
Sa devise était aussi en trois points : « Confiance, c’est moi, n’ayez pas peur ! » (Cf. Mc 6, 50 ; Cf .Jn 6,20).
Il s’était endormi et a rejoint dans la simplicité la demeure éternelle.
En cette occasion douloureuse, l’équipe du blog présente ses condoléances aux fidèles de la paroisse de Maradi, aux Pères Rédemptoristes de la de la Vice-Province d’Afrique de l’Ouest, à sa famille de Tibga au Burkina Faso,…

L'enterrement aura lieu dimanche matin à Maradi. Que Dieu fasse briller sur lui la lumière sans fin et que son âme repose en paix. Nous rendons grâce à Dieu pour ce moment passé avec lui.
 

jeudi 14 février 2013

Mgr Ambroise Ouédraogo participe en Allemagne à la campagne de Carême 2013 de Misereor contre la faim


Mgr Ambroise Ouédraogo participe cette année à la Campagne de Carême 2013 de Misereor en Allemagne en compagnie de Messieurs Illo Abdoulmouni, Directeur de la Caritas diocésaine de Maradi et de Raymond Yoro Younoussi, Secrétaire Exécutif de la Caritas Développement Niger.
« On en a assez de la faim » c’est le thème de cette édition. Contrairement à ce que pense la majorité des humains, la faim n’est pas une catastrophe naturelle. Elle est le résultat de l’injustice structurelle. En Afrique, les dépenses consacrées à l’agriculture sont passées de 7% à 4 % sur la période 1980-2004. Malheureusement déplore Misereor, « plutôt que de soutenir la production des petits paysans, les politiques agricoles nationale et internationale donnent la priorité au financement de l’agriculture industrielle tournée vers l’exportation ».

Si les êtres humains ont faim, cela est aussi du en partie à l’accaparement des terres. En effet, dans la plupart des pays en développement, la distribution de la terre est très inégale. Une petite quantité de riches propriétaires terriens possèdent la majorité des terres fertiles. Les pauvres se réduisent à des lopins de terres de moins de 2 hectares. De plus en plus de groupes industriels se rabattent sur l’Afrique où ils achètent aux Etats, des millions d’hectares de terres. Cet accaparement de terres dans les zones pauvres est une menace pour le développement et la sécurité alimentaire des petits paysans.

Aussi, l’agriculture industrielle provoque la faim dans le monde. Selon les spécialistes, cette agriculture est responsable d’environ 20% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. C’est elle qui provoque la destruction et l’érosion des sols ainsi que leur salinisation. Elle pollue les réserves d’eau et consomme beaucoup d’énergie.

L’agriculture dans les pays riches est subventionnée par les Etats. C’est d’ailleurs pour cela que les produits sont à un prix abordable. En Afrique, c’est le contraire. Les petits producteurs se débrouillent au quotidien. Si en Europe, il y a une alternative au marché pour absorber les débauchés du secteur agricole, ce n’est pas le cas dans les pays en voie de développement comme le Niger. Si les 80% de ceux qui vivent de la terre doivent changer de profession, le taux de chômage va exploser. La pauvreté et la famine deviendraient davantage massives.

Ce n’est plus un secret pour personne, les changements climatiques provoquent la faim dans le monde. Les spécialistes pensent  qu’à cause du changement climatique, le nombre mondial de personnes menacées de famine augmentera probablement de 10 % à 20 % comparé à une situation sans changement climatique. Le manque de pluie, les cyclones, les vagues de chaleur, les sécheresses, … provoquent des pertes de récolte pour les petits paysans. Faut de couverture sociale et de réserves financières, les petits paysans sont durement frappés par les changements climatiques. Aujourd’hui, il est nécessaire voire fondamentale d’aider les paysans à adapter eux-mêmes leurs semences et leurs modes de cultures aux conditions de leur milieu plutôt que de leur imposer des semences inadaptées.
Pour réduire la faim dans le monde, il est urgent de revoir le mécanisme du marché mondial qui permet à des grands exploitants de dicter leur loi. Le monde marché planétaire est en défaveur des petites exploitations. L’agriculture d’exportation porte préjudice à la production de nourriture pour la population locale. Un poulet produit au Brésil importé au Niger coute moins cher qu’un poulet local parce que le poulet brésilien, français, chinois, …  est souvent issu de secteurs de l’agriculture industrielle fortement subventionnés dans les pays plus riches.

La faim dans le monde est aussi l’œuvre de la spéculation. Aujourd’hui, le marché est régit par des investisseurs dictent leur dicte leurs prix. En créant des demandes virtuelles, ils bouleversent les marchés  et provoquent des hausses de prix sans cesse. En 2011, les banques allemandes ont investi selon Miseror « pour 11,4 milliards d’euros dans des immobilisations liées aux prix des denrées alimentaires. Cette situation est désastreuse pour ceux des pays en développement tributaires des importations, dont la population pauvre dépense jusqu’à 80% de ses revenus pour l’achat de nourriture. Quand, après la crise de 2008, les prix des denrées alimentaires ont de nouveau flambé en 2010/2011, quelque 44 millions d’êtres humains supplémentaires ont été précipités dans la famine ».

La faim dans le monde est un défi pour tous. La terre peut fournir à chaque habitant sa ration alimentaire. La faim est un scandale qui détruit la vie présente et compromet la vie future.
 

Le chrétien doit jouer un rôle important dans la réduction de cette inégalité. Il doit imiter Jésus qui a pitié de la foule qui a faim.

lundi 11 février 2013

Benoît XVI renonce à poursuivre son pontificat à partir du 28 février 2013

 ROME, 11 février 2013 (Zenit.org) - Benoît XVI a annoncé ce matin, 11 février 2013, qu'il se démettait de ses fonctions, à partir du 28 février.
 
Voici son annonce traduite du latin au français par Radio Vatican :
"Frères très chers,
Je vous ai convoqués à ce Consistoire non seulement pour les trois canonisations, mais également pour vous communiquer une décision de grande importance pour la vie de l’Eglise. Après avoir examiné ma conscience devant Dieu, à diverses reprises, je suis parvenu à la certitude que mes forces, en raison de l’avancement de mon âge, ne sont plus aptes à exercer adéquatement le ministère pétrinien. Je suis bien conscient que ce ministère, de par son essence spirituelle, doit être accompli non seulement par les œuvres et par la parole, mais aussi, et pas moins, par la souffrance et par la prière. Cependant, dans le monde d’aujourd’hui, sujet à de rapides changements et agité par des questions de grande importance pour la vie de la foi, pour gouverner la barque de saint Pierre et annoncer l’Evangile, la vigueur du corps et de l’esprit est aussi nécessaire, vigueur qui, ces derniers mois, s’est amoindrie en moi d’une telle manière que je dois reconnaître mon incapacité à bien administrer le ministère qui m’a été confié. C’est pourquoi, bien conscient de la gravité de cet acte, en pleine liberté, je déclare renoncer au ministère d’Evêque de Rome, Successeur de saint Pierre, qui m’a été confié par les mains des cardinaux le 19 avril 2005, de telle sorte que, à partir du 28 février 2013 à vingt heures, le Siège de Rome, le Siège de saint Pierre, sera vacant et le conclave pour l’élection du nouveau Souverain Pontife devra être convoqué par ceux à qui il appartient de le faire."

Message de Carême 2013 de Mgr Ambroise Ouédraogo "Je vous aime tous dans le Christ Jésus "

"Croire, un chemin d’amour…"

Chers et frères et sœurs,
« Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant, Créateur du Ciel et de la Terre, de l’Univers visible et invisible ».

Je crois en un seul Seigneur, Jésus Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles…. » (Symbole de Nicée-Constantinople).

« Que la grâce et la paix soient avec vous tous, de la part de Dieu Notre Père et de Jésus Christ le Seigneur… » (Rm 1,7)

Nous voici arrivés, en cette année de la foi, au temps favorable du carême qui est un temps de conversion, de prière, de Jeûne et d’aumône. Dans le désert de nos vies humaines, de nos campagnes, de nos villes et villages,  Dieu lui-même nous adresse cet appel pressant : « au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu et ne laissez pas sans effet la grâce » que nous avons reçu lors de notre baptême. (2 Co 5,20.6, 1)

1-     En célébrant le temps du carême en cette année de la foi proclamée par le Pape Benoît XVI, nous sommes ardemment invités à renouveler notre foi en Jésus-Christ, le Fils de Dieu fait homme, mais aussi à prendre conscience de façon plus forte et responsable du don gratuit qui nous est donné par Dieu grâce à l’Esprit Saint qui habite en nous et qui nous pousse à reconnaître que Jésus-Christ est le Fils de Dieu et le Sauveur du monde.

2-     Lors de notre semaine pastorale d’octobre 2012, nous nous sommes donnés comme vision pastorale 2012-2017 : « Enracinés en Jésus-Christ, Parole de Dieu et Pain de Vie, Construisons une Eglise Famille de Dieu, missionnaire, témoin de la réconciliation, de la Justice et de la Paix. » Si mes souvenirs sont exact, j’avais dit et souligné que c’est la rencontre et notre vie avec le Christ-Ressuscité qui se livrent à nous dans les sacrements,  qui donnent sens à notre vie et à notre engagement de tous les jours. Si nous avons vraiment rencontré en vérité le Christ, nous arriverons à nous exclamer comme Saint Paul : « Malheur à moi si je n’annonce pas l’Evangile » (1 Co 9,16) et « pour moi, vivre c’est le Christ » (cf. mot d’accueil de l’assemblée pastorale d’octobre 2012). Suite à notre vision, nous nous sommes donnés comme objectif pastoral 2012-2013: « Par tes œuvres, montre ta foi. » (Jc 2,17)

3-     C’est pourquoi, le temps du carême qui nous rassemble nous invite donc à nous mettre en route « pour redécouvrir le chemin de la foi et l’enthousiasme renouvelé de la rencontre avec le Christ »(Porta Fidei N°2) Pour cela, nous devons, comme le souligne le Saint Père Benoît XVI : « retrouver le goût de nous nourrir de la Parole de Dieu transmise par l’Eglise de façon fidèle et du Pain de la Vie offert en soutien de tous ceux qui sont ses disciples » (idem n°3) et « reprendre une conscience plus nette de notre foi pour la raviver, la purifier, la confirmer et la proclamer »(Porta Fidei n°4)

4-     Que devons-nous donc faire ?
S’il est vrai que « le renouveau de l’Eglise passe aussi à travers le témoignage offert par la vie des croyants appelés à faire resplendir la Parole de Vérité que le Seigneur Jésus nous a laissé », (Porta fidei n°5) J’invite tous les baptisés de l’Eglise-Famille de Dieu qui est à Maradi :

a)     A imiter Jésus-Christ, dans tous les aspects de la vie et particulièrement dans leur témoignage de vie. N’oublions pas que c’est par nos œuvres, nos comportements et nos paroles fraternelles de vérité, d’amour et de paix que nous témoignerons que Jésus habite en nous et que nous appartenons au Christ. N’ayons donc pas peur de  témoigner de l’amour de Dieu qui habite en nous et d’être des « ambassadeurs du Christ Ressuscité». En terme claire, nous ne devons pas cacher notre identité chrétienne. Comme nous dit le Christ : « on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le lit, mais bien sur le lampadaire pour qu’elle brille » (Mt 5, 15). Ainsi, la foi, la lumière du Christ que nous avons reçue lors de notre baptême doit briller devant les hommes et les femmes afin qu’ils « voient nos bonnes œuvres et glorifient Dieu ».

b)     Nous devons prendre part régulièrement aux célébrations pénitentielles, aux prières en familles et dans les quartiers, aux rencontres des communautés chrétiennes de base (CCB) et aux célébrations eucharistiques qui sont le « sommet de l’action de l’Eglise et la source d’où découle toute sa force » (Porta fidei n°9). Nous avons aussi à redécouvrir les contenus de la foi professée, célébrée, vécue et priée et réfléchir sur l’acte lui-même par lequel nous croyons. (idem) A ce sujet, je voudrais qu’ensemble, dans un souci d’unité et de communion ecclésiale, lors de nos célébrations eucharistiques dominicales, nous professions notre foi avec le « Credo » de Nicée Constantinople.

Aux catéchumènes qui, en cette année de la foi, feront la reddition, c'est-à-dire la remise du Credo, qu’il leur soit demandé de mémoriser, d’apprendre de mémoire le Credo et de le proclamer à toute la communauté lors de leur admission au baptême. Il reviendra donc à la communauté chrétienne de juger de leur acceptation ou non au baptême (Fidei Porta  N°9)

c)     Enfin, l’année de la foi nous donne l’opportunité de réfléchir et de voir comment nous pouvons améliorer notre dialogue de vie, d’amitié et d’action avec nos frères  et sœurs musulmans. Notre présence comme chrétien minoritaire, au cœur de l’Islam, ne doit pas nous empêcher d’affirmer notre foi et notre identité chrétienne. Bien au contraire, nous sommes interpelés à vivre et à témoigner de notre foi en Dieu qui est Père, Fils et Esprit-Saint : de manière sincère, crédible et joyeuse en devenant chaque jour davantage des "minorités créatives" qui donnent du goût à notre entourage, à nos engagements sociaux, à nos relations humaines grâce à la force de la Parole de Dieu et à l’Eucharistie source de nos vies et nos inspirations. Avec nos frères et sœurs musulmans nous pouvons, dans une réflexion concertée, voir comment « rejeter ou prévenir la violence sur toutes ses formes qu’elle soit psychologique ou sociale, et tout abus de pouvoir dans notre témoignage.  Si nous croyons au même Dieu unique, créateur du ciel et de la terre, si à son image et à sa ressemblance nous avons été créés par Dieu qui nous aime tous, Chrétiens et musulmans devront pouvoir s’unir pour rejeter la violence, la discrimination injuste, la violation ou la destruction des lieux de culte et des symboles sacrés »[1]
Chers frères et sœurs,
Toi ma Sœur,
Toi mon frère,

« Par tes œuvres, montre ta foi » en Jésus-Christ, le Fils de Dieu. Dans son message de carême en cette année de foi intitulé « Croire dans la charité suscite la charité », le Saint Père nous dit « qu’une foi sans les œuvres est comme un arbre sans fruit ». Demandons à l’Esprit-Saint, qui fait toute chose nouvelle, de féconder nos vies et nos actions pour qu’elles portent de bons fruits en abondance tout au long de notre cheminement vers Pâques à la suite du Christ, et qu’au terme des quarante jours de Jeûne, de prière et d’Aumône nous puissions nous dépouiller du vieil homme qui habite en nous pour revêtir l’homme nouveau à la suite du Christ-Ressuscité pour une vie nouvelle pleine et rayonnante de la Lumière du Christ-Ressuscité.

Que Marie notre Mère nous accompagne et soutienne notre marche vers Pâques par sa prière  maternelle et intercède pour nous afin que nous acceptions de nourrir avec le Christ et de ressusciter avec Lui pour une aventure de vie de foi en Dieu renouvelée et contagieuse pour la plus grande gloire de Dieu.

Que Dieu vous bénisse et vous comble de sa joie.
« Je vous aime tous dans le Christ Jésus » (1Co 16,24)
Monseigneur Ambroise OUEDRAOGO
Evêque de Maradi
 


[1] Cf. Témoignage  chrétien dans un monde multi religieux n°6

vendredi 8 février 2013

Rencontre du Secteur Est du diocèse de Maradi

Les prêtres, religieux et religieuses du secteur Maradi-Zinder dit Secteur Est étaient en réunion à Zinder du 1er au 2 février 2012. Cette réunion de travail et de partage a permis d’aborder plusieurs sujets relatifs à leur mission dans le diocèse de Maradi. Les participants ont pu s'enrichir mutuellement sur comment aider les jeunes catholiques du secteur à bien vivre leur foi. Cela de l’avis de tous, passe par une bonne catéchèse pour approfondir la connaissance de leur foi chrétienne, le témoignage et l’engagement.
La rencontre a pris fin par la célébration de la journée de la vie consacrée instituée par le Pape Jean Paul II. Certains fidèles de Zinder ont participé à l’office suivi d’un repas fraternel à la mi-journée.