jeudi 25 juin 2015

Décès du Père Antoine Michel, Bye Bye l'artiste du Christ

Femme nigérienne, une toile du Père Antoine Michel

Le Père Michel Antoine, Rédemptoriste est décédé hier à l'âge de 85 ans dans sa communauté religieuse à Champagne au mont d'Or en France. Il a été ordonné prêtre le 21 janvier 1954 et dans la foulée, il a été envoyé en mission à Maradi au Niger en décembre 1955. Le Père Michel Antoine a servi au Niger de 1955 à 2013 dans les paroisses de Dolbel, Maradi, Tchirozérine et à la Paroisse St Gabriel de Garbado de Niamey. Ses obsèques seront célébrés ce vendredi 26 juin 2015 dans la chapelle de la Communauté des Pères Rédemptoristes à Champagne au Mont d'Or en France. Dans un message posté sur le compte Facebook de l’archidiocèse de Niamey, Mgr Laurent Lompo au nom de l’Eglise catholique au Niger que le Père Antoine a servi pendant 58 ans, a présenté les condoléances de l’ensemble de fidèles du Niger à sa congrégation, à sa famille et à tous ses amis. « Toute l'Eglise du Niger lui est reconnaissante pour son travail missionnaire qui est allé jusqu'aux horizons les plus divers » a écrit l’archevêque de Niamey dans son message de condoléances. 

Le Père Antoine est aussi un passionné de l’art et pour lui rendre hommage, nous vous invitons à visiter ses œuvres sur le site http://www.mantoine.fr

Serge Xavier Oga

mercredi 24 juin 2015

Début des examens du BEPC

L’examen du Brevet d’Etudes du Premier Cycle BEPC a débuté hier mardi 23 juin 2015 au Niger. Cette année, ils sont 116 006 candidats dont 51 273 filles, (soit un taux de 44,2% de l’effectif des candidats) répartis dans 359 centres à l’assaut de ce diplôme qui ouvre la voie au second cycle. 
Le nombre des candidats est hausse de 24% comparé à l’an dernier. D'ici une semaine, les résultats seront proclamés et les candidats sauront si la moisson a été bonne ou pas avant de débuter leurs vacances.

vendredi 19 juin 2015

Boko Haram tue 38 civils dans une attaque au Niger

Les combattants islamistes de Boko Haram ont tué 38 civils, dont 14 hommes, 14 femmes et 10 enfants dans la nuit du 17 juin 2015 dans les villages de Lamana et N’goumao dans la commune rurale de Gueskérou dans la région de Diffa. Les éléments de Boko Haram ont tué 28 civiles dans le village de Lamana et 10 autres dans le village de N’Goumaoua. L’attaque a fait également 3 blessés évacués au Centre Hospitalier Régional de Diffa.

Le bilan matériel selon un communiqué du Ministère de l'Intérieur, de la Sécurité Publique, de la Décentralisation et des Affaires Religieuses et Coutumières fait état de plus de 100 maisons incendiées, 2 banques céréalières brûlées, 4 véhicules brûlés et 2 véhicules emportés.

La même source précise que « des opérations tant aériennes que terrestres sont actuellement engagées par les Forces de Défense et de Sécurité dans le secteur, pour rattraper et neutraliser les terroristes ». 

C’est la plus lourde tuerie de civils par Boko Haram au Niger depuis la première attaque perpétrée dans cette région en février 2015. Les assaillants sont arrivés selon les rescapés dans les environs de 20 heures en tirant des salves de coups de feu et en saccageant tout sur leur passage.

Cette énième barbarie survient après le double attentat-suicide qui a tué 33 personnes lundi par la secte à N’Djamena la capitale tchadienne.

jeudi 18 juin 2015

Le Niger recense ses électeurs

Le Niger a débuté depuis le 3 juin le recensement des citoyens en âge de voter aux prochaines élections. Le recensement qui va durer trois semaines est organisé en perspectives des prochaines élections municipales, législatives et présidentielles fin 2015 et début 2016. A travers tout le pays des agents recenseurs font du porte-à-porte pour recenser physiquement les personnes en âge de voter. 

Le processus de recensement est supervisé par des représentants des partis politiques de la majorité, de l'opposition et des non affiliés. Toute la classe politique a appelé ses militants à aller s'inscrire massivement sur les listes électorales. 

Après son recensement, le président de la république Mahamadou Issoufou a invité l'ensemble des citoyens majeurs à se faire recenser. Il a aussi souhaité que les prochaines élections soient transparentes, libres, honnêtes et crédibles. 

La classe politique en prélude aux prochaines élections avait souhaité un fichier biométrique mais finalement, cette option a été écartée pour un fichier électoral classique compte tenu des délais très courts qui séparent des élections générales et locales.

mercredi 17 juin 2015

30 nouveaux corps sans vie dans le désert nigérien

Dimanche 14 juin 2015, l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) annonçait la mort par déshydratation de 18 migrants entre Arlit et la frontière algérienne. Hier encore, l'organisation a annoncé la découverte des restes de 30 autres migrants dans le désert nigérien cette fois-ci près de Dirkou au nord-est d’Agadez vers la frontière avec la Lybie. Leur décès remonte à plusieurs mois.

L'OIM critique l'absence d'opération de secours aux migrants dans ce désert. Cette année, près de 5 100 immigrés ont reçu une assistance des autorités nigériennes et selon l'Organisation internationale pour les migrations, environ 100 000 immigrés allaient tenter la traversée du Sahara en 2015.

Le Niger est un pays de transit pour les migrants qui tentent de rallier l’Europe à tout prix. Agadez et Arlit, villes paisibles au Nord du Niger sont devenues une sorte de portes sur l’enfer au bord de la méditerranée. Ils sont des milliers qui passent chaque année par ces deux villes carrefours, derniers havres de paix avant d’affronter l’enfer des passeurs. Les migrants ignorent malheureusement que la traversée du désert est très périlleuses à tout moment.
Serge Xavier Oga

mardi 16 juin 2015

Niger, période de soudure difficile pour ¼ de la population

Quelque 3,6 millions de nigériens sont dans une situation d’insécurité alimentaire selon les projections du Système d'Alerte Précoce du Niger. Cette situation est la conséquence du déficit céréalier et de l'épuisement progressif des stocks des ménages ruraux alors que les prochaines récoltes ne sont que dans 4 mois. Cette période est habituellement très pénible pour les populations et dure de mai à septembre. Cette année, le nombre de personnes en situation vulnérable a augmenté de plus d’un million par rapport à 2014. En 2014, la campagne agricole a enregistré un déficit de plus de 230 000 tonnes. Habituellement durant cette période, les jeunes bras valides partent vers la Libye, le Bénin, le Nigéria, … pour travailler et envoyer de l’argent à leurs familles. Malheureusement à cause de l’insécurité dans la sous-région, les jeunes n’ont plus beaucoup de possibilités pour aller chercher le complément nécessaire pour assurer l’alimentation des ménages.

Cette année, le nombre des ménages en insécurité alimentaire a augmenté à cause de la crise dans le sud-est du Niger notamment dans la région de Diffa où des milliers de personnes ayant fui les attaques des islamistes de Boko Haram ont besoin d’une aide alimentaire pour survivre. La région de Tillabéry à l’Ouest qui accueille plus de 50 000 réfugiés maliens vit la même situation. 

Dans la région de Diffa, Caritas Niger a sollicité ses partenaires du réseau Caritas Internationalis afin de venir en aide aux ménages déplacés qui sont une situation très précaire en ce moment. La région de Diffa a enregistré cette année un déficit céréalier de 83 150 tonnes soit 55 % des besoins de consommation. Sur 606 villages agricoles, 410 ont enregistré un déficit céréalier, soit 68 % des villages agricoles. La vulnérabilité alimentaire des ménages pauvres s’est accentuée durant la période de soudure qui a commencé. 

Caritas Niger par ses actions dans le domaine de la sécurité alimentaire travaille en vue de vaincre la faim d’ici 2025. C’est un scandale aujourd’hui que plus de 800 millions dans le monde dont 3, 6 millions de nigériens aillent au lit sans avoir assez à manger alors que nous avons les instruments pour en finir avec la faim d’ici 2025. Le Niger a besoin de nous tous, agissons maintenant.
Serge Xavier Oga

Un nouveau drame dans le désert

18 corps sans vie ont été découverts semaine passée dans le désert nigérien vers la frontière avec l’Algérie. L’information a été communiquée à la presse par le Bureau Niger de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Les migrants, 1 femme et 17 hommes sont probablement morts de soif et de fatigue après avoir perdu le sens de l’orientation suite à une tempête de sable. Ils seraient partis d’Arlit vers le 3 juin et leurs corps ont été découverts une semaine plus tard. 

L’OIM estime que les victimes provenaient du Niger, du Mali, de la Côte d'Ivoire, du Sénégal, de la République Centrafricaine, du Liberia et de la Guinée et de l’Algérie. Ce drame vient allonger la liste interminable des personnes décédées dans le désert alors qu’elles tentaient de rallier le Maghreb avant d’embarquer pour les côtes européennes. 

Le Niger est une terre de transit pour les migrants qui tentent de rallier l’Europe à tout prix. Agadez et Arlit, villes paisibles au Nord du Niger sont devenues une sorte de portes sur l’enfer au bord de la méditerranée. Ils sont des milliers qui passent par ces deux villes carrefours, derniers havres de paix avant d’affronter l’enfer des passeurs. Les migrants ignorent malheureusement que la traversée du désert est  très périlleuses à tout moment.  Loin de la Méditerranée, des pauvres innocents morts dans l'oubli. le désert est devenu depuis fort longtemps un cimetière des migrants. Aujourd’hui, le monde entier pense que la solution doit venir seulement de l’Europe. Les pays de départ sont muets devant cette souffrance humaine insupportable. Or personne à l’heure actuelle ne peut rester indifférent au sort des jeunes innocents qui n’ont qu’un seul rêve : un avenir meilleur. Leurs pays d'origine doivent leur offrir ce rêve et éviter qu'une jeunesse africaine soit sacrifiée. 
En mai, le ministre français de l'intérieur était à Niamey pour aborder cette question. L’Europe a l'ambition de repousser ses frontières extérieures au Sahel. Les européens pensent à tord que le Sahel pourrait offrir cette possibilité de frontière en retenant les migrants. Cette solution n'est qu'une réponse éphémère. Le monde entier doit pouvoir s’asseoir pour trouver des solutions pérennes à la question des migrations. Cela passe par la bonne gouvernance, la création d'emplois locaux, une agriculture durable qui nourrit son homme. 

lundi 15 juin 2015

Le Nouvel Archeveque de Niamey entre en fonction

Le Nouvel Archevêque de Niamey, Mgr Djalwana Laurent Lompo a été installé sur le siège de l'archidiocèse de Niamey hier dimanche 14 juin 2015. C’est le cardinal Philippe Ouédraogo, archevêque de Ouagadougou au Burkina Faso qui présidé la messe à la Cathédrale Notre Dame du Perpétuel de Secours de Niamey en présence de plus 2000 fidèles, d’une délégation ministérielle conduite par le ministre de l’Intérieur et des Affaires Religieuses, M. Hassoumi Massoudou , de plusieurs haut dignitaires musulmans et chrétiens, des représentants de plusieurs missions diplomatiques ainsi que des leaders des organisations de la société civile.

Au début de la messe, après la lecture de la bulle papale qui désigne Mgr Laurent LOMPO pour la charge d'Archevêque de Niamey, il y a eu la transmission très émouvante de charge entre les deux archevêques. « Sois le pasteur de tes brebis. Comme dit le Pape François, parfois devant le troupeau pour montrer le chemin, d’autres fois au milieu du troupeau pour sentir les besoins des uns et des autres et de temps en temps derrière le troupeau pour laisser des initiatives aux brebis les plus habiles pour qu’elles trouvent par elles-mêmes des chemins nouveaux » a conseillé Mgr Michel à son jeune frère Laurent en lui remettant la crosse épiscopale. Mgr Laurent a rendu un hommage à son aîné en recevant son bâton pastoral, le même remis à Mgr Berlier en 1961 à son ordination. Il a ensuite demander à Mgr Michel de rester à ses côtés pour le guider dans sa mission comme un père qui accompagne son fils. « Nous prenons le bâton du troupeau qui avait été remis à Mgr Berlier en 1961, Mgr Guy Romano en 1984 et vous-même en 2003 pour signifier la transmission de la charge pastorale au nom de Jésus, Vrai et Bon Pasteur. […]. Soyez à nos côtés pour nous guider car un fils, quelle que soit sa force et son intelligence, a besoin de l’expérience de son père qui l’a engendré». Mgr Laurent a inscrit sa mission dans la continuité et a promis d’être aussi bien l'archevêque des chrétiens que des non chrétiens. Il a promis la même affection, la même attention à tous. Officiellement, après acceptation de la charge, Mgr Laurent a été installé à son siège épiscopal par le Cardinal Philippe. 

A l’homélie, le Cardinal-Archevêque de Ouagadougou Philippe Ouédraogo a rendu hommage à Mgr Michel Cartatéguy pour le travail accompli à la tête de l’archidiocèse de Niamey. Il a ensuite invité l’archevêque entrant à servir le peuple de Dieu avec humilité, charité et foi. Les événements des 16 et 17 janvier ayant occasionné la destruction de la majorité des églises au Niger étaient encore dans les cœurs au cours de cette cérémonie. C’est pourquoi le Cardinal Philipe Ouédraogo a exhorté le nouvel archevêque de Niamey à œuvrer de toutes ses forces pour le dialogue interreligieux. A l’église catholique au Niger, le cardinal a lancé un appel : « Eglise du Niger, lève-toi et marche, comme nous le recommande notre pape François ! ».

Une vingtaine d'évêques de la conférence épiscopale Burkina-Niger, ont pris part à cette célébration. Cette installation prévue pour février avait été repoussée à une date ultérieure à la suite des violences contre les chrétiens au Niger les 16 et 17 janvier 2015. Le nouvel évêque hérite d'un diocèse qui a vu partir en fumée la majorité de ses églises. Il doit rebâtir les cœurs et les lieux de cultes, œuvrer à la cohabitation pacifique entre chrétiens musulmans, trouver du pain à ceux qui n'en ont pas. Actuellement, plus de 3,6 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire au Niger soit près d'un quart de la population en insécurité alimentaire. C'est dire que la mission qui attend le nouvel archevêque ne sera pas du tout repos.

Mgr Laurent Djalwana Lompo 3ème archevêque de Niamey est né le 1er janvier 1967 à Koulbou dans la paroisse de Makalondi. Il a été ordonné prêtre le 20 septembre 1997 à Niamey puis évêque auxiliaire de Niamey le dimanche 9 juin 2013. Sa devise est " il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir". Il succède sur le siège de Niamey à Mgr Michel Christian Cartateguy qui a demandé à être déchargé de sa responsabilité d'Archevêque de Niamey.
Serge Xavier Oga

jeudi 4 juin 2015

Communiqué Conjoint à l'issue de la visite d'amitié et de travail au Niger de Son Excellence Monsieur MUHAMMADU BUHARI, Président de la République Fédérale du Nigeria

Au terme de la séance de travail entre la délégation de la République Fédérale du Nigeria et celle de notre pays, les deux parties ont rendu public, hier, un communiqué conjoint. Ce document a été signé, pour le gouvernement de la République Fédérale du Nigeria, par l'Ambassadeur Paul Bulus Z. Lolo, Secrétaire Général du Ministère des Affaires Etrangères, et pour le Gouvernement de la République du Niger, par M. Ibrahim Sani Abani, Secrétaire Général du Ministère des Affaires Etrangères, de la Coopération, de l'Intégration Africaine et des Nigériens à l'Extérieur. Lire ci-dessous l'intégralité du Communiqué final.

« 1.À l'invitation de Son Excellence Monsieur ISSOUFOU MAHAMADQU, Président de la République du Niger, Chef de l'Etat» Son Excellence Monsieur MUHAMMADU BUHARI, Président de la République Fédérale du Nigeria a effectué une visite d'amitié et de travail au Niger» du 03 au 04 juin 2015, accompagné d'une importante délégation.

2. Cette visite s'inscrit dans le cadre du renforcement des excellentes et historiques relations d'amitié, de fraternité et de bon voisinage qui existent entre les deux pays.

3. À son arrivée à l'Aéroport International Diori Hamani de Niamey, Son Excellence Monsieur MUHAMMADU BUHARI a été accueilli par son homologue, Son Excellence Monsieur ISSOUFOU MAHAMADOU, en présence des hautes personnalités de la République du Niger.

4. Les deux Chefs d'Etat se sont entretenus dans une atmosphère d'amitié et de fraternité et ont fait un large tour d'horizon des questions régionales et internationales.

5. Son Excellence Monsieur ISSOUFOU MAHAMADOU, Président de la République du Niger a, en son nom propre, au nom du Gouvernement et du peuple nigériens, exprime ses remerciements à son homologue Son Excellence Monsieur MUHAMMADU BUHARI, pour l'honneur qui a été fait au Niger en lui consacrant sa première visite à l'extérieur, juste après son investiture à la magistrature suprême de la République Fédérale du Nigeria.

6. En abordant les questions de défense et de sécurité, les deux Chefs d'Etat ont à nouveau vivement condamné les actes terroristes de la secte Boko Haram au Nigeria et dans les pays voisins.

7. En témoignant toute sa gratitude au Gouvernement et au peuple frère du Niger, Son Excellence Monsieur MUHAMMADU BUHARI, Président de la République Fédérale du Nigeria, s'est dit résolument engagé aux côtés des pays voisins, pour l'éradication rapide de ce phénomène.

8. Les deux Chefs d'Etat se sont engagés à renforcer les opérations de patrouilles transfrontalières mixtes sous les auspices de la Grande Commission Mixte Nigéro-Nigériane, en leur dotant de beaucoup plus de moyens humains, logistiques et financiers.

9. Le Président de la République du Niger, Son Excellence Monsieur ISSOUFOU MAHAMADOU s'est réjoui du discours d'investiture de Son Excellence Monsieur MUHAMMADU BUHARI, dans lequel le Président de la République Fédérale du Nigeria, a annoncé sa détermination sans faille à combattre la secte Boko Haram jusqu'à son éradication en délocalisant à Maiduguri le centre de commandement des opérations militaire contre Boko Haram.

10. Concernant les relations bilatérales» les deux Chefs d'Etat se sont félicités de l'exemplarité de la coopération entre les deux pays à travers la Commission Mixte de Coopération dont la mission concerne tous les secteurs socio-économiques de développement à savoir, la sécurité, la santé» l'agriculture, l'éducation, le commerce, l'énergie, les infrastructures, l'environnement, eau, etc.
11. Les deux chefs d'Etat ont convenu de renforcer les excellentes relations économiques et commerciales entre la République du Niger et la République Fédérale du Nigeria en promouvant les investissements et en favorisant la création de succursales bancaires dans les deux pays. Ils ont également convenu d'instaurer la clause de la nation la plus favorisée entre les deux pays.


12. Les deux Chefs d'Etat ont décidé d'instruire leurs Gouvernements respectifs pour accélérer la réalisation des projets de construction de routes, des liaisons ferroviaires reliant les deux pays» les projets de construction des entrepôts et de centres de collectes pour l'exportation des produits non pétroliers de part et d'autre, les projets de gestion des eaux partagées, la promotion de nouveaux corridors en vue d'améliorer les échanges commerciaux ainsi que les projets de lutte contre la désertification et d'amélioration de la résilience des populations face aux changements climatiques et aux catastrophes naturelles.

13. Sur le plan régional, les deux Chefs d'Etat ont procédé à l'examen de la situation socio-politique qui prévaut sur le continent africain en réaffirmant leur engagement à contribuer à la promotion de la paix, de la bonne gouvernance et au renforcement de la démocratie en Afrique.

14. Les deux Chefs d'Etat ont appelé à la tenue d'un Sommet CEEAC-CEDEAO en vue de la mutualisation des efforts pour combattre la secte terroriste Boko Haram. Ils ont également salué les engagements des Chefs d'Etat et de Gouvernements de la CBLT et du Bénin à combattre en synergie Boko Haram partout où il se trouve dans la région.

15. Les deux Chefs d'Etat se sont engagés à promouvoir l'intégration économique de la sous-région par la création d'une monnaie unique en Afrique de l'Ouest et le développement des infrastructures routières, ferroviaires et énergétiques.

16. Les deux Chefs d'Etat ont reconnu le lien entre le développement, la paix et la sécurité, et ont par conséquent engagé les deux pays à œuvrer au renforcement des institutions chargés de faciliter leur développement socio-économique. Les deux Présidents ont noté que le développement et la démocratie vont de paire. Ils ont pour ce faire convenu d'œuvrer pour l'enracinement de l'éthique de la gouvernance démocratique dans leurs sociétés respectives.

17. Les deux Chefs d'Etat ont aussi exhorté l'Union Africaine, la CEDEAO et le Conseil de Sécurité des Nations Unies à redoubler d'efforts pour que la paix et la sécurité prévalent en Afrique.

18. Les deux Chefs d'Etat ont également réitéré leur soutien à la mise en œuvre de l'ambitieux Programme Quinquennal d'Investissement 2013-2017 de la CBLT visant à sauvegarder le Lac Tchad, à restaurer son écosystème et à promouvoir le développement socio-économique des populations vivant dans le bassin.

19. En abordant la situation socio-politique au Mali, les deux Chefs d'Etat se sont félicités de la signature à Bamako le 15 mai 2015 de l'Accord d'Alger et ont exhorté les autres acteurs à le faire.

20. Au plan international, ils fondent leur espoir sur l'issue de la prochaine Conférence Internationale de Paris prévue en décembre 2015 sur les changements climatiques et la Conférence des Nations Unies sur le financement du développement prévue à Addis-Abeba en Ethiopie du 13 au 16 juillet 2015.

21. Les deux Chefs d'Etat ont convenu de tenir la 7ème Session de la Haute Autorité de la Commission Mixte Nigéro-Nigériane de Coopération à une date qui sera déterminée d'un commun accord.

22. Les deux Présidents ont également convenu d'encourager plus de concertations à tous les niveaux, afin de consolider les excellentes relations existant déjà entre les deux pays.

23. Au terme de sa visite, Son Excellence Monsieur MUHAMMADU BUHARI, Président de la République Fédérale du Nigeria, a exprimé sa profonde gratitude à son frère et ami, Son Excellence Monsieur ISSOUFOU MAHAMADOU, Président de la République du Niger, Chef de l'Etat, à son Gouvernement et au peuple frère du Niger pour l'accueil chaleureux et l'hospitalité dont ils ont été l'objet.

24. Son Excellence Monsieur MUHAMMADU BUHARI, Président de la République Fédérale du Nigeria, a invité son homologue du Niger, Son Excellence Monsieur ISSOUFOU MAHAMADOU, à effectuer une visite d'amitié et de travail au Nigeria. Cette invitation a été acceptée avec plaisir et la date sera fixée ultérieurement par voie diplomatique.
Fait à Niamey, le 03 juin 2015 en langues française et anglaise, les deux versions faisant foi.»
Pour le Gouvernement de la République du Niger
Monsieur IBRAHIM SANI ABANI, Secrétaire Général du Ministère des Affaires Etrangères, de la Coopération, de l'Intégration Africain et des Nigériens à l'Extérieur
Pour le Gouvernement de la République Fédérale du Nigéria
Amb. PAUL BULUS Z. LOLO, Secrétaire Général du Ministère des Affaires Etrangères

Caritas Développement Niger apporte son soutien aux populations victimes de la secte Boko Haram dans la région de Diffa

Niger : Urgence Diffa
Caritas Développement Niger apporte son soutien aux populations victimes de la secte Boko Haram dans la région de Diffa
Premières actions sur le terrain en faveur des conducteurs de taxi motos « Kabu Kabu » de la région de Diffa.

Communiqué de presse | Maradi, le 2 juin 2015
Du 25 au 30 mai 2015, le Caritas Diocésaine de Maradi était sur le terrain dans la région de Diffa pour venir en aide  à 464 conducteurs de taxi motos et 200 ménages déplacés intérieur et extérieur. Cette action de la Caritas Développement Niger à travers sa direction diocésaine de Maradi est la contribution de l’Eglise catholique dans l’atténuation des effets de la guerre contre Boko Haram sur les populations civiles.
Caritas Développement Niger a ciblé les conducteurs de taxis motos pour plusieurs raisons. En effet, depuis l’entrée en guerre du Niger contre Boko Haram en février 2015 et l’Etat d’urgence instauré dans la même période, il est interdit de rouler à moto dans la région de Diffa. Or la moto est un gagne-pain pour des centaines de jeunes qui se retrouvent brutalement sans moyen de subsistance. Ils se retrouvent au chômage et sont devenus très vulnérables. C’est pourquoi une aide d’urgence a été décidée par Caritas pour augmenter leur capacité de résilience. Ils sont ce mois de mai, 464 conducteurs de taxi motos de Goudoumaria, Mainé Soroa et Diffa ont reçu chacun la somme de 40.000 F CFA soit environ 61 euros. Cette aide de la Caritas dans le secteur des taxis motos a touché  indirectement plus de 1000 personnes c’est-à-dire les femmes et enfants des conducteurs de taxi motos. Ils recevront le même montant fin juin.
Toujours ce mois de mai, la Caritas a aussi distribué un mois de ration alimentaire à 200 ménages déplacés intérieur de Mainé Soroa dont 15 familles d’aveugles nigérians qui vivent dans un dénuement extrême. Les ménages bénéficiaires de cette aide sont en majorité des femmes qui ont vécu les atrocités et n’ont plus de nouvelles de leurs proches captifs de la secte islamique. Cette phase de distribution de vivres a touché 1400 personnes. Au total, ce mois de mai 2400 personnes ont été touchées par les opérations de cash et de food. Les bénéficiaires proviennent des villes nigérianes de Malam Fatori, Damasak, Baga, Gaidam ainsi que de villages nigériens frontaliers du Nigéria, dont Tam, Inusari, Gaidam Niger, … Au total, l’aide alimentaire de 14 tonnes est composée d’une ration complète pour un mois : haricot, huile, riz et des pâtes alimentaires. En juin les mêmes ménages bénéficiaires recevront un cash de 35.000 pour leur permettre de subvenir à d’autres besoins de la famille. Sur les deux mois (mai et juin), le montant global de l’aide de Caritas en faveur des plus vulnérables ayant fui les exactions de Boko Haram dans la région de Diffa est de 100.000 euros.
Par ses actions sur le terrain, Caritas et ses partenaires Caritas Allemagne  (DCV) et  Catholic Relief Services apportent la solidarité de l’Eglise aux plus démunis. L’aide aux jeunes leur permettra de se prendre en charge et de couvrir une grande partie des besoins de leurs familles.
A propos de CADEV Niger : Construire une société de paix, de justice et de solidarité, dans la fraternité.
La Caritas Développement Niger est une institution de l’Eglise Catholique au Niger sans but lucratif créée en 2005. Elle a pour mission de témoigner de la solidarité de l’Eglise Catholique au Niger avec les populations les plus vulnérables et œuvre à leur auto-prise en charge dans une dynamique de développement intégral et durable.
La CADEV Niger prône les valeurs de : Dignité et égalité de la personne humaine, de Solidarité et Entraide.

mardi 26 mai 2015

Coupures intempestives de l'électricité au Niger, impossible de travailler

Le Niger vit d puis plusieurs jours un délestage électrique à travers tout le pays. Cela fait plusieurs jours que le secteur de la rédaction de votre site à Maradi n’a plus d’électricité. Et comme un malheur ne vient jamais seul, la fourniture de la connexion internet est aussi régulièrement coupée. Il devient alors impossible de travailler. Les temps sont durs pour tout le monde en ce moment de grande chaleur. Selon le directeur de la société qui fournit l’énergie, ce délestage serait du à des problèmes au niveau du secteur pétrolier nigérian en grève. Le Nigéria est le principal fournisseur en énergie électrique du Niger. 
Depuis plusieurs années le pays tente vainement de trouver des solutions pour couvrir les besoins intérieurs. Le Niger a lancé les travaux du barrage hydroélectrique à Kandadji sur les rives du fleuve Niger à Niamey. Cet ouvrage devrait réduire la dépendance énergétique mais malheureusement la société russe Zaroubegevodstroï (ZVS) qui a obtenu le marché n’a pas honoré ses engagements et le contrat a été rompu en juillet 2014.

Pendant la période de grande chaleur, les mêmes problèmes resurgissent et les solutions proposées ne sont jamais à la hauteur de la demande. Les vendeurs de produits frais ont presque tout perdu et les frigos des ménages sont à l’arrêt en ce moment dans plusieurs milliers de familles nigériennes.

Il n’y a pas d’autres solutions que de patienter.

samedi 16 mai 2015

Burkina Faso, Mali, Niger, Mauritanie et Tchad, le Sahel veulent mieux coopérer pour lutter contre le terrorisme et l'immigration sans visa vers l’Europe

Les ministres de l’Intérieur du Groupe des 5 pays du Sahel, Burkina Faso, Mali, Niger, Mauritanie et Tchad se sont retrouvés Jeudi 11 mai 2015 à Niamey pour échanger sur les défis de l’espace sahélien. Au menu de cette rencontre, lutte contre le terrorisme et le trafic de migrants vers l’Europe.

A l’issue des échanges, les ministres sahéliens ont pris plusieurs engagements. Ils ont décidé d’intensifier leur collaboration face à la menace terroriste et aux trafics de migrants. Les pays sahéliens confrontés à toutes sortes de menaces ont compris qu’aucun d’entre eux n’a les capacités isolement de faire face aux défis sécuritaires du moment. Ils espèrent ensemble arriver à juguler les menaces terroristes d’une part et aussi à freiner l’immigration vers l’Europe. Sur le plan sécuritaire, le Mali, le Niger, le Tchad sont confrontés à des groupes djihadistes notamment Aqmi et Boko Haram. Sur le terrain en ce moment le Tchad et le Niger unissent leurs efforts pour endiguer la menace des éléments de la secte islamique Boko Harma qui mènent des incursions fréquentent dans le Sud du Niger et dans le Nord du Nigéria. Au Mali, Niger et Tchad soutiennent le pouvoir de Bamako pour sécuriser le Nord malien sous la menace constante des djihadistes et d’autres mouvements armés. Les ministres de l’intérieur du G5 dans leur déclaration à l’issue de la réunion de Niamey ont déclaré «qu’au vu des interactions existant entre ces crimes, seule une action commune de nos pays est à même de relever ces défis ». 

Le sahel est également concerné par la question de l’immigration sans visa. C’est pourquoi, les ministres de l’intérieur ont également décidé de faire davantage pour démanteler les réseaux de passeurs dans leur pays respectif. Agadez est le Hub du transit vers l’Europe. Et cette semaine, Les députés nigériens ont adopté le lundi 11 mai une loi qui permettra de prévenir mais surtout de réprimer le trafic illicite de personnes. Le Sahel doit donc emboiter le pas au Niger pour agir ensemble.

Ces arsenaux ne suffiront sans doute pas à résoudre les défis du Sahel. L’espace sahélien qui compte plus de 137 millions d’habitants est l’un des coins les plus pauvres de la planète. Il est aussi important de créer les conditions d’un développement intégral de l’homme afin d’épargner aux bras valides de prendre des chemins contraire à la loi. Les migrants qui tentent de rejoindre l’Europe fuient des situations de précarités dans leur pays d’origine. Pourtant, le Sahel peut nourrir les sahéliens. Le sahel peut procurer du pain à tous ses enfants. L’une des solutions aux défis pourraient également venir de la bonne gouvernance, de la bonne gestion des ressources allouées au développement. Le Sahel ne peut pas être la solution aux défis de l’immigration sans visa vers l’Europe. La solution doit être globale et doit concerner les pays de départ notamment le Sénégal, le Mali, la Gambie, le Nigéria, le Cameroun, … Il faut arriver à offrir à chaque citoyen dans son pays d’origine la possibilité d’un avenir meilleur. Et ce défi est possible. Il n'est passible de transformer le Sahel en frontière de l'Europe. Les pays sahéliens n'ont pas les moyens et la solution doit être globale, mondiale. Il faut mondialiser la solidarité et le développement pour retenir directement dans leur village d'origine les candidats à la traversée périlleuse vers Lempedusa.
Serge Xavier Oga

mardi 12 mai 2015

13 mai 2015, le Niger célèbre la Journée Nationale de la Femme

Demain 13 mai 2015, les femmes nigériennes sont à l’honneur. Le pays célèbre la Journée Nationale de la Femme. Le 13 mai est une date symbolique au Niger pour les femmes en souvenir de la célèbre marche historique du 13 mai 1991 au cours de laquelle, les femmes nigériennes ont osé marcher pour exiger du comité préparatoire à la conférence nationale plus de représentativité. Le chemin a été long et parsemé d’embûche mais cette marche historique a permis à la femme nigérienne de faire compter sa voix. La grande marche a aussi abouti à l'adoption en 1996 d’une politique nationale de promotion de la femme et de protection de l'enfant, une loi sur le quota qui octroie un minimum de 10% à l'un ou l'autre sexe aux postes électifs et 25% aux postes nominatifs dans l'Administration publique. La lutte des femmes a aussi permis aux femmes de bénéficier de la gratuité de la césarienne, le soin des cancers de seins et du col de l’utérus ainsi que de la gratuité des soins médicaux pour les enfants de 0 à 5 ans. 15 femmes siègent à l’hémicycle comme députés. 

Si pour celles qui ont eu la chance d’aller à l’école, les choses semblent aller le mieux, pour les femmes rurales, le progrès est encore lent. Les défis sont multiples. 2/3 des 63 % des pauvres au Niger sont des femmes. En milieu rural, les femmes ont un faible accès aux services de santé reproductive. Plusieurs jeunes filles sont mariées précocement ce qui aboutit à diverses mutilations génitales féminines, ...

Le taux d'éducation des filles à l’école primaire demeure très faible comparé au taux des garçons. En effet, c’est à la jeune fille d’aider sa mère dans les différentes tâches quotidiennes, dans la corvée d’eau potable en parcourant parfois des dizaines de kilomètres…

La méningite progresse toujours,

La méningite continue de tuer au Niger. Le dernier décompte officiel en date du 8 mai 2015 fait état 358 morts sur 5273 cas suspects recensés. La capitale nigérienne Niamey est sévèrement touchée. Elle compte plus de 1200 admissions au cours de la dernière écoulée. Dans le centre de Lazaret à l’Ouest de Niamey, au cours de la dernière semaine, les équipes médicales ont procédé jusqu’à 160 admissions quotidienne.

Hormis Niamey, L’épidémie sévit également dans toutes les  8 régions du Niger à l'exception de Diffa. La semaine passée, les lycéens de Niamey ont observé une grève de 48 heures pour interpeller le gouvernement afin qu'il vaccine tous les élèves contre la méningite.

Archidiocèse de Niamey, le Père Félix Lankoandé célèbrte ses 30 ans de vie sacerdotal

28 avril 1985 – 28 avril 2015. Voilà 30 ans que le père Félix Lankoandé est ordonné prêtre. A cet effet, une messe a été célébrée à son intention, hier mardi 28 avril 2015, au Foyer Samuel de Niamey. A l'occasion, le père Félix s'est vu entourer de prêtres, religieuses et laïcs, ainsi que des jeunes du Foyer Samuel, venus communier à sa joie. A la place de l'homélie, le père Félix s'est prêté volontiers aux questions du père Anthony, responsable du Foyer Samuel, évoquant ainsi l'histoire de sa vocation, ainsi que ses joies pendant ses trente années de vie sacerdotale.

Il ressort de cela que père Félix est né à Mannie (Burkina Faso) dans le diocèse de Fada N'Gourma. Il est du clan des "Lankoandé", nom difficile à traduire : "LAN" signifie « celui » et "KOANDE", « épreuve – vaillance ». Ceci dit, Lankoandé désigne « Celui qui connaît l'épreuve et qui n'accepte jamais la soumission devant l'adversité... vaincre ou mourir dans la dignité. Telle est la devise de son clan. Père Félix Lankoandé a eu sa vocation grâce à des religieuses canadiennes. Ayant appris à servir, il a décidé de consacrer sa vie à Dieu pour servir les hommes. Dans un document Ordination Sacerdotale : Félix LANKOANDE, datant du 28 avril 1985, père Félix disait : « Ce qui m'a le plus frappé dans ma formation au séminaire, c'est le sens du service. Je pense que c'est la seule vocation qui existe pour tout homme. Ma vocation sacerdotale est ma raison d'être. » Répondant à nos questions, hier, père Félix a réaffirmé : « devenir prêtre, c'est ma façon de donner ma vie aux autres par le service et dans le service. » Dans l'exercice de son ministère, à Dolbel, Makalondi ou encore, à Niamey où il est depuis trois ans, Père Félix a toujours fait montre de sa passion pour le service des autres. Dans leur discours adressé à lui à l'occasion de cette fête des 30 de sacerdoce, les jeunes du Foyer Samuel ont encore relevé son dévouement et son sens du sacrifice pour le bien des autres. Cela, même à table !

mercredi 6 mai 2015

Iles et villages évacués après l'attaque de Boko Haram du samedi 25 avril 2015.

Après l’attaque le samedi 25 avril 2015 des éléments de Boko Haram contre les positions de l’armée nigérienne sur l’île de Karamga dans le lac Tchad, le Niger a décidé jeudi 30 avril 2015 de l’évacuation des milliers de personnes des différentes îles du Lac. Selon les autorités locales, la mesure va concerner 27.000 personnes habitants de 74 îles et de 116 villages nigériens. Les populations avaient 72 heures pour tout quitter. La situation humanitaire sur le terrain était devenue très préoccupante et le président a dépêché une délégation officielle sur le terrain. 

Hier mardi 5 mai 2015, le premier ministre, Brigi Rafini, à la tête de cette délégation constituée du 1er Vice-président de l’Assemblée nationale, de plusieurs membres du gouvernement, de plusieurs chefs d’agence humanitaire présents à Niamey et des responsables des forces de défense et de sécurité, s’est rendu à Diffa puis à Nguigmi. Il s’est agi pour le premier ministre de constater les conditions dans lesquels les populations regagnent la terre ferme. Dans les échanges qu’il a eu avec les déplacés, Brigi Rafini a beaucoup appris de leurs conditions. Il leur a promis que le gouvernement fera « tout son possible pour qu’il ait une amélioration dans les heures et jours à venir ». Il faut dire que les populations ont décrit au premier ministre les conditions pénibles dans lesquelles elles ont dû tout abandonner et prendre la route à pied. A l’étape de Diffa, le chef du gouvernement nigérien a eu plusieurs entretiens avec les responsables à divers niveaux de Diffa avant de rencontrer les chefs des agences humanitaires. Aux autorités régionales qu’il a rencontrées, Brigi Rafini a dit toute sa peine devant le manque d’initiative et le laisser-aller. Brigi Rafini leur a dit toute sa déception et son incompréhension s’agissant de leur apathie à la souffrance de leurs propres populations. «Je pars inquiet et déçu de ce que j’ai vu ce matin à N’Guigmi ». Dans les échanges avec les humanitaires, ces derniers ont relevé plusieurs insuffisances dans l’opération de relocalisation notamment les conditions de transit et de transport, …

Il faut préciser que les populations avaient reçu un ultimatum de 72 heures pour quitter leurs villages et campements. Sans moyen, ils ont tout abandonné et ont pris le chemin de la terre ferme à pied et arrivent parfois épuisés. Ils n’emportent rien. Cette opération a été décidée pour permettre à l’armée de mener à bien ses opérations militaires dans le secteur. Le combat pour déloger les islamistes de cette région du Niger est devenue de plus en plus meurtrier pour les civiles. Le samedi 25 avril lors de l’attaque de Karanga, 28 civils ont perdu la vie. Les îles et les villages ciblés seraient devenus des zones de replis pour Boko Haram. 

Sur le terrain, l’aide humanitaire s’organise et l’urgence est de pouvoir donner du pain à tous ses gens qui sont arrivés sans rien. Il faut aussi pouvoir leur donner de l’eau à boire pour éviter toute déshydratation. La chaleur est intense en ce moment ici et le thermomètre à l’ombre dépasse les 40°.

De Diffa, Serge Xavier OGA

mardi 5 mai 2015

Niger-méningite, le bilan s’alourdit

Selon le directeur du service national de surveillance et de réponses aux épidémies, Dr Goumbi Kadédé, l’épidémie de méningite qui sévit depuis janvier 2015 au Niger a causé à la date du 3 mai 2015 la mort de 253 personnes. Un total de 3.304 malades confirmés a été enregistré. Le bilan au fil des jours s’alourdit. Fin avril, 1.150 malades avaient été enregistrés et 129 malades ont succombé. 

Le pays manque actuellement de vaccins et les commandes arrivent au compte goute. Actuellement 8 districts sanitaires sont état d’épidémie et 3 autres ont été placés en état d’alerte. Le Niger a besoin d’au moins 1,8 millions de doses de vaccins contre les souches C et W 135, les deux souches à l’origine de l’épidémie.

Il faut aussi préciser que le Nord Nigéria frontalier au Niger connait également une épidémie de méningite en ce moment.

La méningite est une maladie hautement contagieuse qui se manifeste généralement par une forte fièvre, de violents maux de tête, des vomissements, une raideur du cou et une fontanelle bombée chez l’enfant. 

Serge Xavier Oga

vendredi 1 mai 2015

Une bonne nouvelle du Nigéria: 500 otages de Boko Haram sauvés

Enfin une très bonne nouvelle du Nigéria pourrait-on s’exclamer cette semaine. En effet, cette semaine, l’armée nigériane a annoncé la libération de près de 500 femmes et enfants captifs de Boko Haram dans la forêt de Sambissa la base arrière de la secte islamique. Cette libération intervient plus d’un an après le rapt des 237 lycéennes de Chibok. Cette semaine l'armée nigériane a lancé  une contre-offensive dans le Nord Est du Nigeria. 

Selon plusieurs sources nigérianes, les femmes et les enfants libérés étaient détenus dans des conditions inhumaines. Cette libération est une petite lueur d’espoir. C’est peu mais c’est un pas de géant franchi par l’armée nigériane. Selon Amnesty International, environ 2000 femmes ont été kidnappées depuis le début de 2014 par Boko Haram.

L’armée nigériane a été chassée d’une grande partie du Nord Est du pays par les éléments de la secte islamique que les armées du Niger et du Tchad combattent sur le terrain en l’absence de l’armée nigériane composée de près de 80 militaires mais qui avaient fui massivement en 2014 le Nord Est du pays.

S.X.O

Fête de travail dans le recueillement au Niger

Les travailleurs nigériens à l’instar des travailleurs du monde entier ont célébré ce vendredi 1 er mai la fête du Travail. Cette année le cœur n’était pas à la fête et l’intersyndical des travailleurs nigériens a décidé de mettre les célébrations entre parenthèses. Cette fête intervient dans la période de trois jours de deuil national décidé par le pays après la mort au combat de 46 militaires le 25 avril à l'Est du pays.

Ce matin à travers tout le pays, l’heure était au recueillement. Des prières collectives ont été organisées à la place des défilés. Les chrétiens ont prié dans les églises pour la paix au Niger et le repos des des disparus. Les musulmans ont prié dans les mosquées ce matin aussi pour les mêmes intentions. Chacun dans le respect de son chemin particulier a imploré le Père Céleste d’accueillir les âmes des fidèles défunts et pour la paix dans le monde. Ce matin, le vicaire de la Cathédrale de Maradi le Père Jacques Koalga qui présidait la célébration a demandé aux fidèles de prier sans cesse, de se consacrer à la prière car la prière constitue une arme redoutable contre le mal. Par l’intermédiaire de la vierge Marie, il a imploré notre Seigneur Jésus Christ de protéger la nation tout entière. Dans le recueillement, comme un seul homme, le peuple chrétien et musulman a prié pour la même cause, pour la paix au Niger, pour que Dieu accueille dans son paradis éternel les victimes du terrorisme. 

Il faut rappeler que le samedi 25 avril 2015, un combat violent a opposé l’armée nigérienne aux éléments de la secte Boko Haram. Le bilan fait état de 46 militaires nigériens morts au combat, 32 autres portés disparus, 9 militaires blessés, 28 civiles ont été assassinés par les combattants islamiques qui ont perdu 156 éléments de Boko Haram durant l’attaque. 
Serge Xavier Oga

mercredi 29 avril 2015

Guerre contre Boko Harama, 46 soldats nigériens tués contre 156 éléments terroristes

Un violent affrontement a opposé le samedi 25 avril 2015 des militaires nigériens et des combattants de la secte islamique Boko sur l’Ile de Karanga dans le Lac Tchad à l’Est du Niger. Le bilan provisoire communiqué hier fait état de quarante six (46) militaires nigériens morts au combat contre 156 éléments de Boko Haram lors de cette attaque. Hier soir dans un point de presse à Niamey, le ministre nigérien de l’Intérieur, de la Sécurité Publique, de la Décentralisation, des Affaires Coutumières et Religieuses assurant l’intérim du ministre de la défense a également annoncé que neuf (9) soldats nigériens ont été blessés et trente deux (32) autres portés disparus. Le ministre a en outre  précisé que 28 civiles ont été assassinés par les éléments de la secte islamique qui ont incendié plusieurs habitations. Plusieurs opérations de ratissage avec des moyens aériens et terrestres sont en cours dans le secteur afin de retrouver les militaires portés disparus, rechercher et mettre hors d'état de nuire les éléments de la secte islamique.

Le Niger a décrété un deuil national de 3 jours et les drapeaux mis en berne à compter de ce jour mercredi 29 avril 2015.

Serge Xavier Oga

vendredi 24 avril 2015

Nouvelle date pour la consécration de l'archevêque de Niamey

L'archidiocèse de Niamey a confirmé une nouvelle date en vue de la consécration de son nouvel archevêque. Monseigneur Laurent Lompo, nommé Archevêque par le pape François le 11 octobre 2014 sera donc officiellement consacré le dimanche 14 juin 2015 à la Cathédrale de Niamey. La consécration devant avoir lieu en février 2015 a été repoussé à une date ultérieure à la suite des violences contre les chrétiens les 16 et 17 janvier 2015 à Zinder et à Niamey.

Monseigneur Laurent Djalwana Lompo est l’Évêque auxiliaire de Niamey et a été ordonné Évêque le dimanche 9 juin 2013 à Niamey. Il est né le 1 er Janvier 1967 à Koulbou dans la paroisse de Makalondi et a été ordonné prêtre le 20 septembre 1997 à Niamey. Il succède sur le siège de Niamey à Mgr Michel Christian Cartateguy qui a demandé à être déchargé de sa responsabilité d'Archevêque de Niamey. Il sera le 4 ème évêque titulaire du siège de Niamey après Mgrs Feu Hippolyte Berlier, Guy Romano et Christian Michel Cartateguy.
Serge Xavier Oga

L'épizootie de la grippe aviaire H5N1 s'étend au Niger

Dans un communiqué rendu public le 21 avril 2015 à Niamey, le ministère en charge de l’élevage a confirmé que la grippe H5N1 est à l’origine de la mort suspecte de plusieurs volailles début avril à Maradi au centre Sud du Niger. C’est le 9 avril 2015 dernier que le ministère de la santé a saisi l'Organisation Mondiale de la Santé Animale après la mort de plusieurs volailles dans une ferme avicole à Maradi située à 45 km de la frontière du Nigeria où des cas de grippe aviaire H5N1 hautement pathogène ont été confirmés. Le Niger a prélevé plusieurs échantillons envoyés dans un laboratoire spécialisé en Italie pour analyse. Les résultats communiqués cette semaine, ont révélé que c’est la grippe aviaire H5N1 qui est à l’origine de la mort des poulets. 

De façon préventive, le Niger avait déjà pris des mesures conservatoires le 8 avril 2015 notamment l’abattage des poulets survivants de la ferme de Maradi qui comportait 2440 individus, l’interdiction de transporter de la volaille hors de la ville, l’interdiction d’importation des produits d’origine aviaire et leurs sous-produits des pays qui ont confirmé des cas de grippe aviaire. Devant cette confirmation officielle, le ministre en charge de l’élevage appelle les populations à de la vigilance et à la prudence dans la manipulation des volailles domestiques et sauvages ainsi que leurs produits. Le pays jusqu’à nouvel a décidé de maintenir les mesures d’interdiction et d’un plan d’intervention d’urgence afin d’éviter toute propagation de la maladie.

La grippe aviaire est une maladie à virus très infectieuse affectant les oiseaux. Seule la forme H5N1 peut infecter l’homme. Et c’est cette forme qui est présente en ce moment en Afrique de l’Ouest. Le Niger s’ajoute à la liste des pays infectés après le Burkina Faso et le Nigeria. La souche H5N1 c’est un rappel, a été à l’origine de plus de 400 décès dans le monde depuis sa découverte en 2003. Il faut aussi rappeler que le Niger, le Nigéria, le Burkina Faso et le Bénin avait été durement touché par le même virus en 2006. Jusque-là fort heureusement, aucune transmission à l’homme n’a été notifiée dans la sous-région.
Serge Xavier OGA

mercredi 22 avril 2015

Méningite au Niger, les écoles fermées à Niamey.

Depuis janvier 2015, une épidémie de méningite sévit au Niger. Selon le ministère en charge de la santé publique, l’épidémie de méningite a déjà fait au moins 85 morts. La moitié des décès a été notifiée dans la capitale Niamey. Les souches W 135 et C sont les deux pneumocoques objets de cette épidémie. Les premiers des foyers de la maladie ont été observés dès janvier 2015 dans les districts sanitaires de Doutchi et Dioundou. Le seuil épidémiologique a été franchi le 22 mars dans ces deux districts sanitaires au centre du pays et le 2 avril 2015 à Niamey. 

La situation est très préoccupante et hier le Premier ministre Brigi Rafini a présidé une réunion sur l’épidémie dans la capitale. Le gouvernement a décidé de la fermeture des écoles à Niamey, du mercredi 22 avril au lundi 27 Avril prochain. Selon les informations communiquées au public, vendredi prochain, une vaste campagne de vaccination pour la tranche d’âge de 2 à 15 ans sera organisée dans les gros foyers de l’épidémie. Le Niger va réceptionner dès demain jeudi, environ 600.000 doses de vaccin trivalent. 

A la date du 19 avril, 908 cas ont été enregistrés dont 85 décès, soit un taux de décès de l’ordre de 9,36%. Plus de 70% des cas selon les autorités en charge de la santé concernent la tranche d’âge de 2 à 15 ans. La répartition par tranche d’âge se présente comme suit : 4% chez les enfants de moins d’un an, 21% chez les enfants de 1 à 4 ans, 48% chez les enfants de 5 à 14 ans, 27% chez les jeunes de plus de 15 ans.

Plusieurs partenaires au développement du Niger ont commandé des vaccins pour aider l’Etat a jugulé cette épidémie de méningite qui touche 7 régions au Niger. Seule la région de Diffa n’a pas enregistré de cas.

Selon plusieurs sources médicales, seul un laboratoire cubain fabrique le vaccin qui convient aux souches en cause actuellement au Niger. Et il ne reste que 100.000 doses disponibles au plan mondial selon le ministre de la Santé publique. Le pays via l’Organisation Mondiale de la Santé négocie pour acquérir dans les plus brefs délais ces 100.000 doses. Les besoins en vaccins ont été évalués à 1.200.000 doses. Au cours de cette rencontre, le premier ministre a déclaré que « pour ce besoin nous pourrons disposer d’ici jeudi prochain d’à peu près 50% ». 

Le premier ministre a par ailleurs appelé les partenaires financiers à aider le Niger à faire face à cette crise méningitique dans les meilleurs délais. Le pays prendra des dispositions pour alléger les formalités administratives à l’arrivée des commandes de vaccins. Les services du ministère de la Santé publique ont noté l’utilisation des vaccins non conformes aux souches incriminées. Et c’est pourquoi le premier ministre a attiré l’attention des populations sur l’utilisation des vaccins non conformes aux normes. Il les a aussi appelé à signaler tout cas suspect et de référer le malade vers les centres de santé. Le premier ministre a aussi appelé services de contrôle à plus de vigilance « pour que les produits qui entrent au Niger soient conformes aux normes internationalement établies ». 
Serge Xavier Oga

mardi 21 avril 2015

Drame en méditerranée, tous coupables

Cette semaine, la méditerranée a pris plusieurs jeunes africains. Ils étaient partis de la Lybie vers l’Europe à la recherche d’un avenir meilleur. Ils étaient presque au bout de leur rêve quand la mort les a fauchés prématurément dans des conditions très pénibles. On parle de 800 morts, peut-être davantage. Peu importe le nombre, C’est triste ce qui se déroule en ce moment en Lybie. Des réseaux criminels en Lybie dépouillent de leurs maigres sous les candidats à l’Europe et les entassent dans des bateaux en mauvais états ou dans des bateaux pneumatiques. Ces jeunes qui ont fui leur pays ont enduré parfois des années de souffrances. Leur odyssée dure parfois entre 5 à 10 ans. Ils arrivent d’abord de leur pays et transitent par le Niger notamment Agadez, Dirkou et rallient la Lybie. Dans ce pays, ils sont maltraités parfois mais comme leur choix est fait, il faut partir. Ils se disent, la suite ne pourrait pas être pire que ce que nous avions vécu. Parfois leurs familles s’endettent pour leur permettre de réaliser leur rêve de rallier l’Europe à tout prix.

Aujourd’hui, l’Europe peine à trouver une solution. On se rend compte que les patrouilles en mer ne sont pas très efficaces. Cette semaine, plusieurs responsables européens ont condamné unanimement le drame méditerranéen mais ils sont incapables de s’entendre pour des solutions immédiates et efficaces. 

Oui l’Europe doit trouver une solution. L’urgence est de sauver des vies humaines mais la solution aux problèmes se trouve en Afrique. La solution urgente est de pouvoir stopper ce départ dans les conditions actuelles. La Lybie est aujourd’hui un pays dirigé par plusieurs groupes. Aucune administration centrale n’existe plus à l’heure actuelle pour gérer la Lybie. Le long de la méditerranée, des criminels s’enrichissent et jettent en mer de pauvres innocents. Il faut aider la Lybie à avoir une administration qui pourra gérer efficacement un pays. Mais cette solution dans le court terme n’est plus possible. Le fossé qui sépare les libyens est grand et il faut des années pour arriver à une solution. Dans ce chaos, plusieurs organisations terroristes dictent leur loi. Après avoir décapité 21chrétiens égyptiens en février 2015, 28 chrétiens éthiopiens ont été à nouveau exécutés froidement ce mois d’Avril en Lybie. C’est la preuve que ce pays est déjà une poudrière qui risque de déstabiliser tous ses voisins notamment le Niger, le Tchad, … Le Niger a appelé à une solution en Lybie à plusieurs reprises mais sa voix n’est pas très écoutée à cet effet. Aujourd’hui, le monde entier découvre que la guerre en Lybie voulue par l’Europe et les grandes puissances était une grave erreur. La guerre crée des désordres, elle crée plus de problèmes qu’elle n’en résout.
On ne réécrit pas l’histoire et le passé libyen nous montre que les solutions concertées sont toujours meilleures que la guerre.

Le drame en méditerranée a montré la fragilité de la Lybie et de l’Afrique entière
Les jeunes qui avancent vers l’Europe fuient une misère ambiante. Ils sont sénégalais, maliens, camerounais, nigérians, éthiopiens, ivoiriens, gambiens, bref c’est toute l’Afrique subsaharienne qui est concernée. Ils n’ont pas de travail dans leur pays d’origine. Ils ne peuvent pas réaliser chez eux leurs rêves. Et pourtant, les pays d’origine des migrants disposent de tous les atouts pour nourrir leurs enfants. Le président nigérien a lancé un programme qu’il a baptisé « les nigériens nourrissent les nigériens ». C’est une vérité. Et l’Afrique peut nourrir les africains. Si les ressources étaient bien gérées, l’Afrique aurait moins de problèmes. Malheureusement, seule une infirme partie a confisqué la richesse de toute une nation. Le bien public est volé. Les jeunes pauvres qui n’ont pas de bras longs ne peuvent pas accéder à des emplois. Les politiciens attendent les périodes électorales pour venir proposer un rêve aux jeunes. C’est le véritable problème qu’il faut résoudre. La bonne gouvernance tant chantée si elle est bien traduite en action et en réalité, très peu de jeunes prendront le chemin de l’Europe dans ces conditions. Ce qui est triste, au même moment où l’on demande à l’Europe de trouver des solutions, les dirigeants africains ne se prononcent pas. Ils ne disent rien. 

Ces drames en méditerranée sont les reflets d’une Afrique mal gouvernée. A quoi servent les croissances à deux chiffres si les pauvres ne peuvent pas manger à leur faim, si le pêcheur sénégalais ne peut plus pêcher du poisson, si le paysan ivoirien ne peut vendre correctement et à un prix décent son cacao. 

On ne peut pas demander à l’Europe d’agir et laisser les pays d’origine dormir sur leur laurier. La solution doit être globale. Ces jeunes qui meurent en méditerranée est une perte pour l’humanité.

Nous avons les moyens de stopper cette hémorragie. Nous avons les moyens de ne plus faire de la méditerranée le plus gros cimetière du monde.

Ces jeunes hommes et femmes engloutis par l’océan constituent une perte pour l’humanité, une honte pour l’Afrique, une honte pour les pays d’origine qui ont privé leurs propres enfants d’une vie meilleure.
Serge Xavier Oga

vendredi 17 avril 2015

Nouveau bilan de l’épidémie de méningite au Niger

Selon un nouveau bilan communiqué par le ministère en charge de la santé publique, l’épidémie de méningite qui sévit au Niger depuis le début de l’année 2015 a fait 75 morts à la date du 13 avril 2015. La moitié des décès a été notifiée dans la capitale Niamey qui a enregistré 41 décès sur 279 cas.

Ce nouveau bilan a été communiqué par le ministre de la Santé Publique M. Mano Agali lors d’un point de presse ce mercredi à Niamey. Depuis Janvier, le Niger a enregistré 697 cas de méningite dont 75 décès. Les souches W 135 et C sont les deux pneumocoques objets de cette épidémie. 

Seule la région de Diffa n’a pas notifié de cas de méningite. L’Etat a démarré un vaste programme de vaccination dans les gros foyers de l’épidémie notamment Niamey. 

La méningite est une maladie hautement contagieuse et se manifeste généralement par une forte fièvre, de violents maux de tête, des vomissements, une raideur du cou et une fontanelle bombée chez l’enfant. 

Serge Xavier Oga

jeudi 16 avril 2015

Niger : Campagne agricole 2014 déficitaire

Le ministère de l’Agriculture vient de publier les résultats définitifs de la campagne agricole 2014 et les perspectives alimentaires 2014-2015. Il ressort de ce document que la campagne 2014-2015 est caractérisée par un déficit céréalier de 230 075 tonnes. Le déficit concerne 4 480 villages répartis au niveau de l’ensemble des régions. 4,7 millions de personnes sont concernées par cette situation. Ce déficit représente 9% des besoins de consommation. Le tableau ci-dessous résume les déficits par région :
Région
Nbre de villages déficitaires
Population touchée
AGADEZ
96
86 173
DIFFA
410
263963
DOSSO
427
555569
MARADI
619
700279
NIAMEY
13
50 886
TAHOUA
473
662 297
TILLABERI
971
1 321 920
ZINDER
1471
1 093 320
Total
4 480
4 734 407
Ce tableau montre que les régions de Diffa, Zinder, Tillabéri et Maradi sont les plus touchées comparées à leur population globale. Sur la base des relevés pluviométriques, la campagne agricole d’hivernage 2014 a démarré après les premières pluies enregistrées dès la deuxième décade d’avril. L’année agricole a été marquée par de longues pauses pluviométriques et un arrêt brusque des pluies au cours du mois de Septembre. Les paysans dans plusieurs localités ont été obligés de ressemer. Des séquences sèches parfois de près de 50 jours ont été observées, ayant occasionné des avortements ou des retards de semis. Tous ces phénomènes ont engendré des déficits de production dans plusieurs localités du pays. Les résultats de l’enquête sur la vulnérabilité des ménages vont permettre d’avoir une estimation du nombre de ménages touchés par l’insécurité alimentaire sévère, l’insécurité alimentaire modérée et les ménages à risque.

S’agissant du déficit fourrager global, il est estimé à 8,4 millions de matières sèches. Le déficit par région est estimé comme suit : Tahoua (avec – 2 297 279 tonnes), Tillabéri (– 2 087 535), Zinder (– 1 689 276 tonnes) et Diffa (-1 126 695 tonnes). 

Serge Xavier Oga

mardi 14 avril 2015

Les défis du président élu du Nigeria !

Après le scrutin présidentiel qui l’a porté à la tête du Nigéria, le General Muhammadu Buhari vient de conforter sa suprématie à l’issue des élections locales des 11 et 12 avril 2015. Selon les résultats de la Commission électorale indépendante, le parti du président élu le "All Progressives Congress" a remporté au moins 21 sièges de gouverneurs sur les 36 Etats de la fédération.

Le 29 mai prochain, Muhammadu Buhari deviendra président de la République fédérale du Nigeria. Pour la première fois dans l’histoire de ce pays, un président démocratiquement élu succédera à un autre. 

A l’issue de ces deux scrutins, c’est désormais clair, Muhammadu Buhari a les mains libres pour mettre en œuvre son programme. Les défis dans ce Nigéria déchiré par les violences de tout acabit sont énormes. Ancien dictateur des années 80, Buhari revient au pouvoir sous une couleur démocratique et les nigérians espèrent qu’il sera réellement démocrate. En effet, durant son passage à la tête du Nigeria de 1983 à 1985, le général Buhari s’est aussi illustré par l’adoption de plusieurs décrets qui ont constitué une atteinte au droit de l’homme. Aujourd’hui, Buhari doit gouverner un Nigeria "démocratique" qui doit pouvoir offrir des espaces de liberté religieuse, d'expression, cultuelle, culturelle, le droit de grève, la contradiction,…bref des choses qui ne se mariaient pas avec les régimes d’exception. 

Buhari a gagné les élections et il lui reste à gagner le pari d’un Nigéria uni et prospère, un Nigéria moins corrompu, un Nigéria moins divisé. Il doit réconcilier les nigérians avec eux-mêmes. Chasser du cœur des nigérians cette identité ethnique qui passe avant toute autre considération. Bohari récupère un pays presque en lambeau, un pays sans armée de combat, un pays qui vacille entre corruption et attaques de Boko Haram. Et ce deuxième défi doit être pris en compte par le Général démocrate. Ce serait une illusion d’éradiquer la corruption durant un mandat présidentiel. La corruption est quasi endémique au Nigeria. Elle s’est métastasée et recouvre tous les secteurs. C’est la maladie qui empêche ce géant de devenir vraiment grand.

Le gros défi, rétablir la sécurité dans le Nord Est du Nigéria.
Depuis plusieurs années déjà, la secte Boko Haram fait ce qu’elle veut dans les Etats de l’Adamawa, Yobé et Borno. La secte égorge comme elle veut. Elle a mis l’armée nigériane à maintes reprises en déroute. Aujourd’hui, c’est l’an 1 de l’enlèvement des lycéennes de Chibok. L’armée nigériane a été incapable de prévenir le rapt et elle a été incapable de localiser et de faire libérer les otages. Aujourd’hui n’eût été les interventions des forces armées nigériennes et tchadiennes, presque tout le Nord Est du Nigeria serait aux mains de la secte islamique. Boko Haram s’est développée dans la partie la plus pauvre du Nigéria et le défis aujourd’hui est de pouvoir redéployer l’armée dans les régions de l’Adamawa, Yobé et Borno. Le fossé sur le terrain est grand. La population n’a plus confiance en son armée et refuse de coopérer avec elle. C’est vrai, c’est une armée qui brutalise, une armée qui fuie au combat et qui abandonne blindés, chars, canons et munitions à l’ennemi. Aujourd’hui que la case élection est terminée, il faut s’attaquer aux choses réelles. C’est fini les promesses de tout calibre.

samedi 11 avril 2015

Le Niger a enregistré 345 cas de méningite et 2327 cas de rougeole ce premier trimestre 2015

Depuis le début de l'année, le Niger a enregistré plus de 345 cas dont 45 deces. Deux souches sont à l'origine de la méningite cette année. Il s'agit de la souche Neisseria meningitidis W 135, le N.m. C et le Streptococcus pneumoniae. Toutes les 8 regions du pays sont concernées. 

Parallèlement à la méningite, une augmentation des cas de 
rougeole est également constatée dans plusieurs régions du Niger. Au cours de ce premier trimestre 2015, les centres de santé ont enregistrés 2327 cas de rougeole. 

Selon le Ministère de la Santé publique, 71 % des malades ont entre 0 et 4 ans et 20% sont âgés de pour 5 et 14 ans. C'est la région de Zinder qui est la plus affectée et totalise 77% des personnes affectées. 
Serge Xavier Oga

lundi 6 avril 2015

Un tour de Pâques dans les paroisses du diocèse de Maradi

Hier dimanche à Maradi, la petite communauté s’est retrouvée dans la cathédrale. A Maradi, l’évêque a demandé aux fidèles de contempler dans le silence le visage du Christ ressuscité.

A Zinder, les Pères Léo et à Ghislain blessés lors des événements du 16 janvier 2015 sont revenus pour célébrer avec les siens, du moins ceux qui sont restés dans la cité du Damagaram Pâques. Ils n’ont pas eu la chance de célébrer Pâques dans l’Eglise Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus toujours noirci par les flammes et lézardée. Pour raison de sécurité, la veillée pascale a débuté à 18 heures. Les fidèles ont célébré dans la salle paroissiale dans une odeur de brûlé. 

A Diffa, la petite communauté s’est retrouvée sans prêtre et a célébré le Christ ressuscité avec ferveur. A Tahaoua, Agadez, Arlit, Tchirozérine et Birni N’konni, le petit peuple a célébré Pâques avec le Seigneur qui était son ange gardien. Tout doucement, le calme revient mais la peur n’a pas disparu. Tous les fidèles prient le Seigneur d’éloigner d'eux et de la nation entière toute nouvelle coupe débordante.

Partout dans les paroisses du diocèse, les fidèles catholiques ont prié pour la paix au Niger et dans le monde entier. Ils ont imploré la miséricorde de Dieu afin que lui-même fasse descendre sa paix dans les cœurs afin de construire ici et ailleurs une nation saine, sainte et indivisible.

Les fidèles ont prié pour la paix au Nigéria et ont remercié Dieu pour avoir gratifié le Nigeria, ce voisin d’élections dont les résultats ont été acceptés de tous.

Les catholiques du Niger ont foi en l’avenir même s’ils savent désormais que rien ne sera plus jamais comme avant. Ils évolueront sous le manteau de leur mère Marie qui saura intercédé pour eux auprès de son fils Jésus chaque fois que nécessaire. Les catholiques du Niger en célébrant Pâques en ce jour, sont conscients que suivre le Christ est un véritable sacerdoce qui parfois peut leur valoir ce qu’ils ont vécu les 16 et 17 janvier 2015.
Serge Xavier Oga

Pâques dans l'allégresse à Maradi

Maradi a célébré dans l’allégresse la nuit pascale. Ils étaient une centaine de personnes à participer à cette célébration en plein air dans la cour de la cathédrale Notre Dame de Lourdes. C’est d’abord bougie à la main et toute joyeuse que la communauté a exulté de joie en louant la splendeur du Père, Jésus, Fils de Dieu !Le peuple a chanté la victoire, la liberté que Dieu a donnée pour tous les peuples, par le Christ ressuscité qui triomphe de la mort. Il a chanté les merveilles de Dieu, le Père éternel qui par son Amour infini de Père, nous révèle son suprême témoignage de tendresse.

Après les différentes lectures et la proclamation de l’Evangile, Monseigneur s’est adressé dans la nuit chaude étoilée aux fidèles. « En cette nuit très sainte, Dieu nous dévoile les secrets de son amour infini pour nous. Des ténèbres de la vie a jailli les lumières de l’amour de Dieu pour l’humanité. Comme il nous l’a dit avant de prendre les chemins de sa passion, ce soir nous sommes vraiment témoins qu’il n’a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ». C’est par ces mots que l’Evêque de Maradi a débuté son homélie. C’est la première Pâques après les émeutes antichrétiennes des 16 et 17 janvier 2015. L’Evêque dans son homélie a est revenu sur ces événements et a expliqué que « le Christ ressuscité nous donne désormais la clé de lecture des événements que nous avons vécu, que nous vivons et que nous vivrons encore dans l’avenir. Sans la résurrection du Christ, nos vies humaines n’auraient pas de sens et la foi chrétienne serait banale ».

Monseigneur Ambroise a exhorté le petit troupeau de Maradi à montrer le Christ ressuscité aux non chrétiens à travers leurs vies et les gestes de tous les jours. « Si en nous voyant vivre, les non chrétiens peuvent dire, voyez comme ils s’aiment, nous pouvons alors rendre grâce à Dieu » a insisté l’Evêque. 

Au cours de la nuit pascale, deux adultes ont été baptisés et un autre a fait sa première communion. L’Evêque a prié pour les futurs baptisés et a ensuite exhorté toute la communauté à les entourer et à les accompagner afin de les aider à grandir dans la foi et à suivre le Christ sur les chemins de la vie.

Serge Xavier Oga